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Tunisie
La Tunisie (تونس) est un pays d’Afrique du Nord appartenant au Maghreb. Elle est bordée au nord et à l’est par la mer Méditerranée. Sa frontière ouest s’ouvre sur l’Algérie (965 km) et sa frontière sud-est sur la Libye (459 km). Son nom est dérivé de celui de sa capitale, Tunis, située dans le nord-est du pays. Près de 40 % de la superficie du territoire est occupée par le désert du Sahara, le reste étant constitué de terres fertiles, berceau de la civilisation carthaginoise qui atteignit son apogée au IIIe siècle av. J.-C., avant de devenir le « grenier à blé » de l’Empire romain. Longtemps appelée Régence de Tunis, notamment sous la domination ottomane, la Tunisie passe sous protectorat français en 1881. Avec l’avènement de l’indépendance, le 20 mars 1956, le pays prend l’appellation officielle de Royaume de Tunisie sous le règne de Lamine Bey, seul souverain tunisien à porter le titre de roi. Avec la proclamation de la république, le 25 juillet 1957, c'est le leader nationaliste Habib Bourguiba qui devient le premier président de la République tunisienne et modernise le pays. Toutefois, au terme de 30 ans à la tête du pays dont la fin est marquée par le clientélisme et la montée de l’islamisme, le premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali finit par le déposer mais poursuit dès lors les principaux objectifs du bourguibisme tout en libéralisant l’économie. Intégrée aux principales instances de la communauté internationale, la Tunisie fait également partie de la Ligue arabe, de l’Union africaine et de la Communauté des États sahélo-sahariens.
[modifier] GéographieLa Tunisie est le pays le plus au nord du continent africain. Il est séparé de l’Europe par 140 kilomètres au niveau du détroit de Sicile et rattaché au Maghreb dont il est le plus petit État. Disposant d’une superficie de 163 610 km²[2], le pays est limité à l’ouest par l’Algérie (965 kilomètres de frontière commune), au sud-est par la Libye (459 kilomètres) et au nord et à l’est par la mer Méditerranée (1 298 kilomètres de côtes). Les terres cultivées représentent 4,9 millions d’hectares dont 1,6 consacré à la culture des céréales, 1,6 consacré à la culture de l’olivier et 400 000 hectares consacrés aux cultures irriguées. Le désert occupe une superficie comprise entre 33 % et 40 % du territoire selon qu’on le définisse d’après l’aridité ou selon des caractéristiques paysagères. La Tunisie possède un relief contrasté entre une partie septentrionale et occidentale montagneuse située dans l’extension du massif montagneux de l’Atlas — son point culminant est le Djebel Chambi (1 544 mètres) — et coupée par la plaine de la Medjerda (seul cours d’eau alimenté de façon continue), une partie orientale plane s’étendant entre Hammamet et Ben Gardane et une partie méridionale désertique divisée entre une succession de chotts (Chott el-Gharsa, Chott el-Jérid et Chott el-Fejaj), des plateaux rocheux et les dunes du Grand Erg Oriental. Le littoral parsemé de tombolos et de lagunes s’étend sur 1 298 kilomètres dont 575 de plages sablonneuses. Quelques îles dont les Kerkennah et Djerba parsèment le littoral. [modifier] ClimatLe climat de la Tunisie se divise en sept zones bioclimatiques, la grande différence entre le nord et le reste du pays étant due à la chaîne de la dorsale tunisienne qui sépare les zones soumises au climat méditerranéen de celles soumises au climat aride engendré par le Sahara. En raison de sa situation géographique, le climat tunisien est influencé par divers types de vents : la côte nord est exposée aux vents marins soufflant depuis le sud de la France, ce qui provoque une baisse significative des températures et une hausse des précipitations, et le sud du pays aux vents chauds et secs tels le sirocco soufflant sur les grandes étendues désertiques et les plaines. Le pays bénéficie également d’un taux d’ensoleillement important (dépassant 3 000 heures par an). Les températures varient en raison de la latitude, de l’altitude et de la proximité ou de l’éloignement de la mer Méditerranée. S’il peut faire quelques degrés au-dessous de 0°C en hiver dans les montagnes de Kroumirie, la température grimpe parfois en été aux environs de 50°C dans les régions désertiques. La pluviométrie annuelle varie également selon les régions : d’environ 1 000 millimètres au nord à environ 380 millimètres au centre et moins de 300 millimètres au sud. [modifier] EnvironnementLa flore varie beaucoup en fonction des régions : celle des régions côtières est semblable à celle de l’Europe méridionale et comprend prairies, garrigue, maquis et forêts de chênes-liège. Plus au sud, la végétation est de type steppique avec une dominance de l’alfa. Dans les régions arides de l’extrême sud, les oasis sont plantées de palmiers-dattiers. Huit aires naturelles ont été érigées en parcs nationaux. Le parc national de l'Ichkeul, qui s’étend sur 12 600 hectares, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Il existe également seize réserves naturelles qui ont pour but d’être un habitat pour des espèces ayant une valeur écologique et économique et en tant qu’écosystèmes vulnérables. Selon une étude du programme méditerranéen du WWF, la région côtière du nord-ouest figure parmi les treize sites de la Méditerranée qui se distinguent par leur richesse naturelle, leur biodiversité et leurs espèces végétales et animales uniques. [modifier] Géographie humaineL’espace tunisien apparaît inégalement peuplé et développé sur le plan socio-économique selon un gradient intérieur-littoral (ouest-est). Les treize gouvernorats côtiers totalisent 65,3 % de la population totale avec une forte densité de population (140 habitants par km²). L’économie y est diversifiée et c'est l’activité industrielle qui se démarque le plus avec la concentration de 85 % des établissements industriels du pays et même de 87,5 % de l’emploi dans ce secteur économique. La Tunisie est urbanisée à 64,9 % (2005)[3] et connaît un taux d’urbanisation annuelle de 3,6 %. Le réseau urbain se situe sur la bande littorale orientale, entre les régions de Tunis et Gabès en passant par le Sahel et Sfax (centre-est du pays), qui dispose des plus grandes infrastructures économiques et concentre plus de 80 % de la population urbaine. Les principales agglomérations sont :
[modifier] Géographie administrativeLa Tunisie est divisée en 24 gouvernorats qui portent le nom de leurs chefs-lieux :
Aux côtés des gouverneurs se trouvent les Conseils régionaux qui sont chargés d’examiner « toutes les questions intéressant le gouvernorat dans les domaines économiques, sociaux et culturels. » Ils donnent ainsi leur avis sur les programmes et projets que l’État envisage de réaliser dans leur gouvernorat respectif, arrêtent le budget des gouvernorats et les impôts perçus au profit de la collectivité publique et établissent des relations de coopération avec des instances étrangères de niveau régional (après approbation du ministre de l’intérieur). [modifier] Histoire[modifier] PréhistoireDe nombreuses traces d’industrie humaine datant du Paléolithique inférieur témoignent de l’ancienneté du peuplement de l’actuelle Tunisie. À 20 kilomètres à l’est de Gafsa, le site moustérien d’El Guettar (vieux de plus de 40 000 ans) a livré une structure formée par un amas de pierres rondes disposées en un cône d’environ 75 centimètres de haut pour un diamètre de 130 centimètres. Ces pierres rondes, en calcaire ou en silex, sont parfois façonnées. Elle sont associées à des ossements d’animaux, des dents et des objets de silex taillé moustériens ainsi qu’une pointe pédonculée atérienne. M. Gruet, l’archéologue qui l’a découverte, interprète cette structure comme un édifice réalisé en offrande à la source voisine, aujourd’hui asséchée, et traduisant un sentiment religieux ou magique[4],[5]. Elle est connue sous le nom d’Hermaïon d’El Guettar, par référence aux tas de pierre édifiés dans l’Antiquité en relation avec le culte d’Hermès, et se trouve exposée au Musée national du Bardo. À une civilisation épipaléolithique littorale dite ibéromaurusienne et à une autre dite capsienne succède le Néolithique. À cette période, la présence humaine est conditionnée par la formation du Sahara qui acquiert son climat actuel. De même, c’est à cette époque que le peuplement de l’actuelle Tunisie voit sa population s’enrichir par l’apport des Berbères. La Tunisie entre dans l’Histoire avec l’expansion des Phéniciens qui, cherchant à développer leur réseau commercial, fondèrent une série de comptoirs dans le bassin occidental de la Méditerranée et au-delà du détroit de Gibraltar. Celui de ces comptoirs qui connaît le développement le plus considérable est Carthage qui est fondé sur la côte tunisienne par des Tyriens en 814 av. J.-C.. D’après la légende, c’est la reine Élyssa (Didon chez les Romains), sœur de Pygmalion, roi de Tyr, qui fonde la cité. [modifier] De la Carthage punique à la Carthage romaineEntre le VIe et le Ve siècle, la rivalité avec les Grecs amène Carthage à développer ses ressources propres : contrôlant bientôt tout le nord-est du pays, cette colonie renforce son autorité sur les autres comptoirs phéniciens de la côte d’Afrique. Elle entreprend alors de plus lointaines reconnaissances vers le nord, attirée par le commerce de l’étain, et vers le sud pour bénéficier du commerce de l’or avec le Soudan. Au début du IIIe siècle av. J.-C., Carthage s’affirme comme une grande puissance maritime et commerciale qui contrôle la totalité du commerce et de la navigation dans les eaux de la Méditerranée occidentale. Elle possède également de nombreux territoires hors d’Afrique : sud de la péninsule Ibérique, îles Baléares, ouest de la Sicile, Corse, Sardaigne et Malte. Mais son incapacité à intégrer les populations berbères dans sa civilisation la rend vulnérable lorsque les Romains supplantent les Grecs comme principaux concurrents. Rivales pour la maîtrise de la Méditerranée occidentale, les deux puissances entrent en conflit (guerres puniques). La possession de la Sicile est alors au centre des enjeux qui opposent à trois reprises les deux cités à partir de 264 av. J.-C.. Une révolte des Berbères durant la Première Guerre punique contribue à éviter la victoire de Carthage sur Rome. La victoire d’Hannibal Barca à la bataille de Cannes en 216 av. J.-C. donne un moment l’avantage à Carthage mais, à l’issue de la Deuxième Guerre punique, la victoire romaine, encore une fois facilitée par une révolte des Berbères sous la conduite de leur roi Massinissa, se matérialise par la conquête de nombreux territoires carthaginois. Enfin, à l’issue de la Troisième Guerre punique, Rome écrase définitivement Carthage et s’installe sur les décombres de la ville en 146 av. J.-C.. La fin des guerres puniques marque alors l’établissement de la province romaine d’Afrique. Utique en devient la première capitale mais le site de Carthage va s’imposer à nouveau par ses avantages. En 44 avant J.-C., Jules César décide d’y fonder une colonie romaine mais c’est Auguste qui lance véritablement les travaux quelques décennies plus tard. Elle devient plus tard la capitale de la province. C’est alors une période de prospérité où l’Afrique devient pour Rome un fournisseur essentiel de blé et d’huile, aidé en cela par sa position de plaque tournante du négoce d’esclaves africains. Le fameux port circulaire de Carthage se mue en port d’attache monumental d’une flotte céréalière dont l’arrivée est chaque année impatiemment attendue à Rome. Partie intégrante de la République puis de l’Empire, avec la Numidie, la Tunisie devient pendant six siècles le siège d’une civilisation romano-africaine. [modifier] ChristianisationEn s’implantant en Tunisie, et au Maghreb en général, le christianisme ne se heurte pas seulement aux édits impériaux mais d’abord à une véritable opposition populaire. En effet, en s’implantant parmi ces populations, le christianisme déchire un tissu social très serré. Le paganisme imprégnant la vie quotidienne, les chrétiens sont conduits à vivre à l’écart de la vie domestique et de la vie publique. La cohésion de la famille et de la cité est donc menacée, ce qui entraîne des ripostes comme le saccage de tombes chrétiennes par ces populations. Dès le IIe siècle, Carthage applique également les persécutions impériales : la mise en œuvre de l’édit impérial est conduite avec vigueur. Ceux qui refusent de se rallier au culte officiel sont soumis à la torture pour leur arracher un simulacre de soumission. S’ils s’obstinent dans le refus, leurs biens sont confisqués et ils sont bannis ou même déportés. Mais, malgré cette situation difficile, la nouvelle foi s’implante beaucoup plus rapidement qu’en Europe notamment en raison du rôle social de l’Église qui apparaît dans la seconde moitié du IIIe siècle. L’Église d’Afrique s’implantant progressivement, Carthage devient, au IVe siècle, l’une des plus grandes capitales spirituelles d’Occident : Tertullien, saint Cyprien ou saint Aurèle en sont originaires et le donatisme, doctrine schismatique puis déclarée hérétique, prend son essor entre le IVe et le Ve siècle. En 429, menés par leur chef Genséric, les Vandales et des clans alains franchissent le détroit de Gibraltar. Dix ans plus tard, après s’être rendus maîtres d’Hippone, ils entrent dans Carthage sans difficulté où ils installent leur royaume pour près d’un siècle. Ces derniers sont adeptes de l’hérésie arienne, ce qui ne facilite pas les relations entre eux et les notables locaux majoritairement catholiques. Ces derniers sont violemment persécutés — surtout sous le roi Hunéric — dès lors qu’ils tentent de s’opposer au pouvoir vandale : de nombreux hommes d’église sont martyrisés, emprisonnés voire exilés dans des camps au sud de Gafsa. Cependant, la culture latine est largement préservée et le christianisme prospère tant qu’il ne s’oppose pas au souverain en place. Les Vandales eux-mêmes, devenus les maîtres de la province romaine, la plus riche de l’Empire et jusque-là épargnée par les barbares, se laissent aller à la douceur de vivre de la Tunisie et à l’oisiveté, ce qui leur sera fatal ; le recrutement de leur armée en souffre à tel point qu’ils préfèrent enrôler des autochtones berbères (romanisés pour la plupart). Toutefois, incapables de contrôler un royaume s’étendant de Ceuta à Tripoli et de contenir les tribus hostiles des Banou Ifren[6] qui s’agitent aux frontières de leur territoire, leur défaite devant ces dernières, en 530, fournit à l’empereur byzantin Justinien l’occasion de s’emparer du territoire (septembre 533). La majeure partie du peuple vandale est déportée vers l’Orient, servant comme esclaves, tandis que d’autres sont enrôlés de gré ou de force dans l’armée byzantine comme soldats auxiliaires, notamment contre les Perses. Les Vandales n’ont laissés que très peu de traces de leur séjour d’un siècle en Tunisie. Justinien fait alors de Carthage le siège de son diocèse d’Afrique. À la suite de la crise monothéliste, les empereurs byzantins, opposés à l’Église locale, se détournent de Carthage. De plus, en proie à d’incessantes querelles et luttes religieuses, les Byzantins ne peuvent pas davantage intégrer dans la structure de leur empire les Berbères qui se soulèvent à plusieurs reprises et qui mettent sérieusement à mal les troupes byzantines, peu habituées à leur mode de combat (guérilla). Les chefs berbères Antalas et Garmul remporteront alors de nombreux succès. [modifier] Arabisation et islamisation de la TunisieDans ce contexte, trois expéditions sont nécessaires pour que les Arabes réussissent à conquérir la Tunisie. De plus, la conversion des tribus ne se déroule pas uniformément et connaît des résistances, des apostasies ponctuelles ou l’adoption de syncrétismes. L’arabisation se fera de manière plus lente encore mais finira par être totale. La première expédition est lancée en 647. L’exarque Grégoire est battu à Sbeïtla, ce qui démontre l’existence de points faibles chez les Byzantins. En 661, une seconde expédition est lancée et se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafaa est décisive : Ibn Nafaa fonde la ville de Kairouan durant la même année et la ville devient le centre des expéditions lancées contre le nord et l’ouest du Maghreb. L’invasion complète faillit échouer avec l’assassinat d’Ibn Nafaa en 683 et les Maures parviennent à chasser les troupes arabes hors de Kairouan. Ces dernières reviennent en 688 mais sont repoussées en Libye. En 695, elles réussissent à prendre Carthage aux Grecs mais les Byzantins la reprennent en 696. La ville est définitivement conquise en 698.
Mosquée du Barbier à Kairouan
Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir une fois de plus vaillamment résisté, les Berbères, après la défaite de la Kahena, se convertissent à la religion de leurs nouveaux conquérants. Toutefois, refusant l’assimilation, ils sont nombreux à rejeter la religion dominante et à adhérer au kharidjisme, mouvement religieux née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction de races ni de classes[7]. En 745, les kharidjites berbères s’emparent d’ailleurs de Kairouan. La région reste une province omeyyade jusqu’en 750. En 800, le calife Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab qui établit la dynastie des Aghlabides qui y règne durant un siècle. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan. Des vagues importantes et successives d’immigrants arabes, venus de la péninsule arabique et plus généralement du Moyen-Orient, s’installent sur le territoire tunisien et se mélangent souvent aux populations berbères autochtones. Les Aghlabides se dotent d’une importante flotte de combat pour écarter le danger venant de la mer. En décembre 909, Abu Abd Allah al-Husayn al-Shi'i, aidé par les Berbères qui refusent la domination aghlabide, déclare descendre de Fatima Zahra (fille de Mahomet), se proclame chef et imam de Tunisie et fonde la dynastie chiite des Fatimides. Ces derniers déclarent dès lors comme usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. En 921, la ville de Mahdia est fondée et proclamée capitale du califat fatimide. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfert la capitale fatimide à Kairouan et s’empare de la Sicile en 948. Quand les Fatimides déplacent leur base en Égypte en 972, les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis de ceux-ci. Installés à Kairouan puis à Mahdia, la rupture avec les Fatimides intervient en 1048 à l’initiative du souverain qui reçoit alors du calife abbasside le titre de « commandeur des croyants au gouvernement de tout le Maghreb ». En rompant avec son suzerain fatimide, il inaugure ainsi l’ère de l’émancipation des Berbères. En représailles, les Fatimides envoient des tribus nomades d’Égypte, comptant plusieurs centaines de milliers de membres, les Hilaliens, envahir la région. Kairouan, pourtant fortifiée, résiste pendant cinq ans mais finit par être occupée. Les boutiques sont pillées, les édifices publics abattus et les maisons saccagées. Cette « invasion » nomade se caractérise pourtant par une intégration diffuse de familles entières, rompant l’équilibre traditionnel entre Berbères nomades et sédentaires. Il s’ensuit tout naturellement un métissage de la population. Toutefois, l’effritement politique de l’Ifriqiya, conséquence de la disparition des Zirides, plonge le pays dans l’anarchie. Mais, comme Mahdia et les autres villes d’Ifriqiya, Tunis finit par tomber aux mains du sultan almohade Abd al-Mumin lors de son expédition qui appareille du nord du Maroc en 1159. Bien avant l’arrivée des Hilaliens, et à compter de la seconde moitié du VIIe siècle, la région s’ouvre à l’islam mais la langue arabe classique demeure encore l’apanage des élites citadines et des gens de la cour. Avec l’invasion hilalienne et l’établissement supplémentaire de centaines de milliers d’immigrants arabes, les dialectes berbères vont, sinon céder la place à la langue arabe, du moins devenir plus ou moins marqués par l’arabisation. [modifier] À la croisée des convoitisesÀ partir du premier tiers du XIIe siècle, la Tunisie est régulièrement attaquée par les Normands de Sicile et du sud de l’Italie (Royaume normanno-sicilien). En 1135, le roi normand Roger II s’empare de Djerba. En 1148, c’est Mahdia, Sousse et Sfax qui tombent aux mains des Normands. Toutefois, ils seront progressivement chassés et Mahdia, leur dernière place forte, n’est reprise par les Almohades marocains qu’en janvier 1160. Dans le même temps a lieu l’unification du Maghreb. L’économie devient florissante et des relations commerciales s’établissent avec les principales villes du pourtour méditerranéen (Pise, Gênes, Marseille, Venise et certaines villes d’Espagne). L’essor touche également le domaine culturel avec les œuvres du grand historien et père de la sociologie Ibn Khaldoun. Les Almohades confient la Tunisie à Abû Muhammad `Abd al-Wâhid ben Abî Hafs mais son fils Abû Zakariyâ Yahyâ se sépare d’eux en 1228 et fonde la nouvelle dynastie des Hafsides. Elle règne durant trois siècles et devient totalement indépendante dès 1236. Les XVe et XVIe siècles voient l’arrivée des maures musulmans et juifs andalous chassés d’Espagne par la reconquête (ou Reconquista). Au début du XVIe siècle, le Maghreb traverse une crise politique profonde qui permet l’émergence de principautés et de cités portuaires indépendantes qui relancent l’activité des corsaires. Les souverains d’Espagne, Ferdinand d’Aragon et Isabelle de Castille, pour protéger leurs côtes, décident de poursuivre la reconquête jusque sur les côtes maghrébines. En une dizaine d’années, ils conquièrent plusieurs places : Mers el Kébir, Oran, Bougie, Tripoli et l’îlot situé en face d’Alger. Pour s’en libérer, les autorités d’Alger sollicitent l’aide de deux corsaires renommés : les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse. Cette intervention est un événement majeur qui marque le début d’une période de confrontation entre l’Espagne et l’Empire ottoman pour la domination des territoires du Maghreb et celle du bassin occidental de la Méditerranée. En 1534, Khayr ad-Din Barberousse s’empare de Tunis mais est obligé de s’enfuir après la prise de la ville par les Espagnols de Charles Quint. Le gouvernement ottoman décide alors de se doter enfin de la flotte qui lui manque. En 1560, Dragut prend Djerba à la suite de la bataille éponyme et, 35 ans plus tard, Tunis est définitivement reprise par les Ottomans. En 1575, la Tunisie devient une province de l’empire mais les gouverneurs vivent retranchés dans les ports, les Bédouins étant livrés à eux-mêmes. La conquête de l’intérieur n’est vraiment achevée que par Ali I Bey et Hammouda Bey. Tunis, mais également Alger et Tripoli, deviennent dès lors pour les chrétiens les « régences barbaresques ». Le XVIIe siècle voit une émancipation progressive des régences vis-à-vis de la tutelle ottomane car, les Ottomans étant peu nombreux au Maghreb, leur rôle ne cesse de décroître au profit des indigènes. Au bout de quelques années d’administration turque (1590), les 4 000 janissaires de Tunis s’insurgent et placent à la tête de l’État un dey, et sous ses ordres, un bey chargé du contrôle du territoire et de la collecte des impôts. Rapidement, ce dernier devient le personnage principal de la régence aux côtés du pacha, qui est confiné dans le rôle honorifique de représentant du sultan ottoman, au point que qu’une dynastie beylicale est fondée par Mourad Ier en 1612. Durant la même période, les activités des corsaires connaissent leur paroxysme car l’autonomie croissante vis-à-vis du sultan entraîne une baisse de son soutien financier et les régences doivent donc accroître le nombre de leurs prises sur mer afin de survivre. Le XVIIIe siècle voit s’ériger Tunis et ses voisins en États quasi-indépendants, la dynastie des Husseinites ne reconnaissant plus qu’un vague lien de sujétion vis-à-vis du sultan. Ils ne lui paient plus de tribut mais lui envoient des cadeaux. Dans le même temps, la course, si elle ne disparaît pas, décline largement. De plus, le détournement vers l’Atlantique d’une grande partie du trafic commercial ainsi que la mauvaise gestion beylicale entraînent l’asphyxie financière du territoire qui est de plus en plus convoité par les Européens. [modifier] Protectorat et lutte nationalisteEn effet, la Tunisie apparaît comme un enjeu stratégique à la charnière des bassins occidental et oriental de la Méditerranée. Elle est donc l’objet des convoitises rivales de la France et de l’Italie, la première entendant assurer la sécurité de ses territoires algériens et éviter que l’Italie ne contrarie ses ambitions en Égypte et au Levant en prenant le contrôle des accès de la Méditerranée orientale. Confrontés à une surpopulation inquiétante, les dirigeants du jeune royaume d’Italie rêvent d’une grande politique coloniale et ce territoire, où la minorité européenne est constituée pour l’essentiel d’Italiens, est un objectif dont la conquête constitue une priorité pour le gouvernement de Rome. Roustan et Maccio, les deux consuls français et italien, se dépensent sans compter pour profiter des difficultés financières du bey. Les incursions des pillards kroumirs en territoire algérien fournissent le prétexte nécessaire et Jules Ferry, soutenu par Léon Gambetta, fait valoir qu’il est nécessaire d’aller s’emparer en Tunisie de la « clé de la maison algérienne ». En avril 1881, les troupes françaises pénétrent dans le pays et Sadok Bey, ne tentant pas de résister, accepte de signer, le 12 mai, le traité du Bardo qui fait de la Tunisie un protectorat français. En 1883, après avoir maté un soulèvement de tribus, les Français confient l’organisation de la conquête au résident général Paul Cambon. Après une période d’administration militaire, des contrôleurs civils venus d’Algérie se substituent aux caïds locaux.
Procès de l’affaire du Djellaz (1911)
Le pays est alors marqué par de profondes mutations touchant tous les domaines : il est doté d’une infrastructure ferroviaire, routière et portuaire, l’objectif de la colonisation étant la mainmise sur les ressources du pays. On entame également l’exploitation des ressources minières et d’importants investissements dans une agriculture mécanisée à hauts rendements. Or, la dégradation progressive de la situation économique et sociale suscite la formation d’une bourgeoisie réformiste, l’effervescence nationaliste et la conscientisation de la population autochtone. Le mouvement de libération nationale émerge avec des intellectuels de deux tendances : ceux issus du Collège Sadiki et de l’Université Zitouna dont Béchir Sfar et Ali Bach Hamba et ceux issus du Lycée Carnot dont Abdeljelil Zaouche et Hassen Guellaty. En 1911 et 1912, plusieurs émeutes déclenchées à Tunis au moment de la guerre italo-turque donnent le point de départ d’un mouvement d’opposition organisé mais faisant l’objet d’une répression très dure. Après la Première Guerre mondiale, la création du Destour, en 1920, relance le mouvement nationaliste qui est néanmoins touché par l’arrestation et l’exil, en 1925, des leaders de la Confédération générale des travailleurs tunisiens. La crise des années 1930 et les changements politiques, survenus en France et en Europe, favorisent la naissance de nouvelles organisations politiques, syndicales, philanthropiques, sportives, culturelles et de jeunesse. Cette dynamique nouvelle permet à Habib Bourguiba, aidé par ses camarades Mahmoud Materi, Tahar Sfar et Bahri Guiga, de quitter le Destour et de créer, le 2 mars 1934, le Néo-Destour. Toutefois, les autorités du protectorat tentent de contenir toute tentative de renversement de l’ordre établi : les chefs du Néo-Destour sont déportés dans le sud du pays puis libérés, en 1936, par le gouvernement de Léon Blum qui ouvre des négociations interrompues en juin 1937. Des incidents sanglants se produisent en juillet et provoquent à nouveau l’arrestation des leaders du Néo-Destour et la proclamation, en 1938, de l’état de siège. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Tunisie devient le théâtre des premières opérations communes entre l’armée américaine et son alliée britannique en 1942-1943. Le corps principal de l’armée britannique commandé par le général Bernard Montgomery avance à partir de la Libye, après sa victoire dans la bataille d’El-Alamein, en direction du sud de la Tunisie (ligne Mareth) tandis que les États-Unis et d’autres alliés approchent par l’ouest à la suite de leur débarquement en Algérie et au Maroc (Opération Torch). L’Allemagne étant alors engagée dans la bataille de Stalingrad, il est facile de considérer la campagne de Tunisie comme un événement mineur mais en réalité elle a un impact important : elle ouvre la route de la Sicile et de l’Italie aux Alliés. Le conflit interrompt à peine l’action des nationalistes : dès la fin des années 1940, le mouvement prend de l’ampleur. Pour avoir tenté de canaliser à son profit les idées nationalistes, Moncef Bey est déposé après la libération qui met fin à l’occupation allemande du pays (novembre 1942-mai 1943). Il est remplacé par son cousin Lamine Bey. En août 1950, ce dernier forme un gouvernement auquel participe le secrétaire général du Néo-Destour. Cependant, face aux atermoiements de la France, Bourguiba se résout à la confrontation et encourage la résistance armée. Il est à nouveau arrêté en janvier 1952. En 1954, les choses changent brusquement avec l’arrivée de Pierre Mendès France à la tête du gouvernement français : la France consent à négocier avec les nationalistes. Dans un discours prononcé à Carthage, le 31 juillet, Mendès France s’engage à accorder l’autonomie interne qui fait l’objet des conventions signées, le 3 juin 1955, avec Tahar Ben Ammar. Le 20 mars 1956, un protocole abolit le traité du Bardo et reconnaît l’indépendance de la Tunisie[8]. [modifier] Tunisie indépendanteLe Néo-Destour obtient 95 % des suffrages aux élections de mars 1956. Devenu chef du gouvernement, Habib Bourguiba brise l’opposition de Salah Ben Youssef, écarte Lamine Bey et, le 25 juillet 1957, proclame la république dont il devient le premier président. Il met sur pied un régime qui se veut à la fois moderniste (laïcisation de l’enseignement, promulgation du Code du statut personnel, etc.), libéral (reconnaissance des libertés fondamentales) et socialiste (réforme agraire et développement planifié). Les relations avec la France sont tout d’abord difficiles comme le révèle, en 1961, la crise de Bizerte (dernière base militaire française en Tunisie qui est finalement évacuée le 15 octobre 1963). Néanmoins, passé les premiers temps de l’indépendance, sa politique suscite une montée des mécontentements. Une nouvelle série de nationalisations de terres en 1964 provoque la suspension de l’aide financière française. En septembre, le dinar tunisien doit être fortement dévalué. Réélu président le 8 novembre, Bourguiba est critiqué par les pays arabes pour ses positions modérées envers Israël avec qui il a demandé à ses pairs arabes de négocier pour résoudre la question palestinienne. Les relations diplomatiques avec l’Égypte sont rompues en octobre 1967, puis avec la Syrie en mai 1968. La détérioration des rapports entre le Parti socialiste destourien (PSD) et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) aboutit à l’arrestation et à la condamnation, en janvier 1966, d’Habib Achour (secrétaire général du syndicat). Le projet d’accélération de la réforme agraire provoque un mécontentement généralisé. En novembre 1969, le ministre en charge du dossier, Ahmed Ben Salah, est déchu et exclu du parti. Après la réélection de Bourguiba, le 2 novembre, le premier ministre Bahi Ladgham met fin à la réforme agraire, augmente les salaires des ouvriers et abaisse les prix. Bourguiba confie l’année suivante à Hédi Nouira le soin d’assurer la relance de l’économie tunisienne. La loi qu’il fait adopter en avril 1972 encourage ainsi les investissements étrangers. Au congrès du PSD (octobre 1971), les libéraux l’emportent mais sont écartés du bureau politique. Leur dirigeant, le ministre de l’intérieur Ahmed Mestiri, est exclu du parti en janvier 1972. En janvier 1974, Bourguiba et le colonel Mouammar Kadhafi décident de fusionner la Tunisie et la Libye. Le projet est annulé en mars et le ministre des affaires étrangères Mohamed Masmoudi est écarté du gouvernement. Élu président à vie du PSD, Bourguiba fait exclure les opposants et adopter le système du parti unique. Réélu le 3 novembre, il est élu, en mars 1975, président à vie. Mais les crises, dès lors, se succèdent. L’UGTT déclenche, le 26 janvier 1978, une grève générale qui dégénère en une émeute brutalement réprimée par l’armée. Les principaux responsables du syndicat sont arrêtés et Habib Achour est condamné à 10 ans de travaux forcés. Face à la menace, les dirigeants de l’UGTT sont amnistiés (à l’exception de Ben Salah) et, lors du congrès du PSD (avril 1981), Bourguiba affirme les droits des syndicats à l’autonomie et l’évolution vers le multipartisme. Toutefois, la hausse du prix des produits de première nécessité provoque, début 1984, de graves émeutes. Bourguiba, malade et affaibli par l’âge, voit autour de lui se multiplier les candidats à sa succession et l’autorité de l’État s’amoindrir. Après l’attaque cérébrale de Nouira, il nomme Mohamed Mzali premier ministre. La politique économique est alors marquée par une crise financière grave marquée notamment par un épuisement des réserves du pays en devises. Bourguiba nomme au mois de juillet 1986 un technocrate, Rachid Sfar, à la tête du gouvernement. Mais sa santé se dégradant de plus en plus, il passe sous l’influence de son entourage et prend des décisions incohérentes alors que la confrontation avec le mouvement islamiste menace la stabilité du pays. Déclaré « médicalement empêché », le président Bourguiba est destitué le 7 novembre 1987 et remplacé, conformément à la constitution, par le premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali. Doté de nouvelles structures, le PSD devient le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et un processus de renouvellement des dirigeants est engagé. La constitution abolit les dispositions relatives à la présidence à vie et des mesures d’amnistie sélectives sont prises. Le 2 avril 1989, Ben Ali, est élu président et le RCD obtient la quasi-totalité des sièges à la Chambre des députés. Pourtant, de graves incidents se produisent, le 8 mai 1991, sur le campus universitaire de Tunis : deux étudiants sont tués. Le 22 mai, un projet de complot de l’organisation islamiste Ennahda, visant à assassiner le président Ben Ali, est découvert. Cinq auteurs de l’attaque sanglante (17 février) contre un local du RCD en plein centre de Tunis sont exécutés le 9 octobre. En juin 1992, la Ligue tunisienne des droits de l’homme est dissoute et 279 islamistes sont jugés au cours de deux procès, en juillet-août, pour le complot de 1991 : les principaux dirigeants d’Ennahda, dont certains sont en fuite, sont condamnés à la prison à perpétuité. Cependant, la libéralisation de l’économie et les efforts en faveur du développement économique se poursuivent. Reconduit en 1994, le président Ben Ali renforce son emprise sur l’État et continue à répondre à la montée islamiste par une implacable répression. La modification du code électoral permet aux partis d’opposition de siéger à l’Assemblée nationale mais, aux élections municipales de 1995, l’opposition n’obtient, dans l’ensemble du pays, que six sièges sur 4 090. Ben Ali est ensuite reconduit en 1999 puis en 2004 (à la suite d’une modification constitutionnelle). [modifier] Politique[modifier] Politique intérieureLe président de la République tunisienne est élu tous les cinq ans au suffrage universel et il peut se présenter aux élections autant de fois qu’il veut pour autant qu’il ait moins de 75 ans. Zine el-Abidine Ben Ali, l’actuel détenteur du poste, est élu le 24 octobre 2004 pour un quatrième mandat. La Tunisie ne connaît que deux présidents au cours de son histoire moderne : Habib Bourguiba (25 juillet 1957-7 novembre 1987), avec comme premiers ministres Bahi Ladgham, Hédi Nouira, Mohamed Mzali, Rachid Sfar et Zine el-Abidine Ben Ali, puis Ben Ali (depuis le 7 novembre 1987) avec comme premiers ministres Hédi Baccouche, Hamed Karoui et Mohamed Ghannouchi. Le pouvoir législatif, bicaméral depuis 2002, est exercé par la Chambre des députés, composée de 189 députés (dont 37 de l’opposition) élus au suffrage universel, et par la Chambre des conseillers (qui tient sa séance inaugurale le 16 août 2005) qui comprend 112 membres. La constitution actuelle est celle qui est proclamée le 1er juin 1959, trois ans après l’indépendance. Elle a subi plusieurs amendements dont celui du 12 juillet 1988 pour limiter le nombre de mandats présidentiels à trois (après que Bourguiba eut été proclamé président à vie) et celui du 1er juin 2002 suite au référendum tenu le 26 mai de la même année, permettant notamment la suppression de la limite du nombre de mandats présidentiels, l’allongement de l’âge limite pour déposer une candidature à la présidence, l’instauration d’une immunité judiciaire pour le président (durant et après l’exercice de ses fonctions) et l’instauration d’un parlement bicaméral. Le RCD, parti au pouvoir, fut durant 25 ans le seul parti politique légal — alors qu’il portait le nom de PSD — et domine toujours la vie politique avec plus de deux millions d’adhérents revendiqués. La scène politique du pays compte actuellement six partis politiques d’opposition légaux, un minimum de 20 % des 189 sièges de la Chambre des députés leur étant garanti par la loi. Le manque de transparence politique, la faible liberté d'expression et la censure (notamment de la presse et de nombreux sites Web) font qu’une situation politique précise de la Tunisie est difficile à déterminer. De nombreuses ONG internationales pointent du doigt les atteintes aux droits de l’homme en Tunisie notamment en ce qui concerne les atteintes à la liberté d’expression, les prisonniers politiques et d’opinion, l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir exécutif, la torture | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||