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RusseCet article concerne la langue russe. Pour les autres significations, voir Russe (homonymie).
Le russe est une langue appartenant au groupe slave oriental de la famille des langues indo-européennes, auquel appartiennent aussi l'ukrainien et le biélorusse. Il compte plus de 250 millions de locuteurs (comme langue maternelle ou langue seconde). Il est la langue officielle de la Russie et de la Biélorussie, du Kazakhstan et du Kyrgyzstan, langue de communication au sein de la Communauté des États indépendants (CEI), dominante dans certaines régions d'Ukraine (notamment le Sud et l'Est du pays et la capitale Kiev). Il a également le statut d'une des langues officielles à l'ONU. Il est régi par l'Académie des sciences de Russie (Росси́йская Акаде́мия Нау́к).
Le monde russophone
[modifier] Prononciation et alphabetLe russe est une langue non tonale ; l'accent des mots est variable (il peut se déplacer d'une forme à l'autre). Les voyelles non accentuées sont brèves et réduites (la syllabe non accentuée précédant l'accent étant moins réduite que les autres). Le russe s'écrit avec une version de l'alphabet cyrillique comportant 33 lettres. Le tableau suivant présente les majuscules et leur équivalent orthographié selon les usages français :
NB : la phonologie du russe est adossée à un système d'écriture très particulier : pour la plupart des consonnes, une graphie (un caractère écrit) représente deux phonèmes distincts, l'un vélarisé ("dur"), l'autre palatalisé ("mou") ; la graphie de la voyelle qui suit (ex. : a/я) indique de quel phonème consonantique il s'agit. En fin de mot, le signe mou marque une consonne palatalisée (sauf le й qui marque une consonne yod, toujours palatalisée et qui ne s'écrit pas) ; l'absence de signe indique (en russe moderne) une consonne vélarisée. En début de mot, une graphie de voyelle de la série palatale indique qu'elle est précédée d'une consonne yod. Pour mieux appréhender ce mécanisme diacritique entre consonne et voyelle, le lecteur francophone trouvera un phénomène similaire en français avec les lettres "c" ou "g" : ca/ce, ga/gi.[2] [modifier] OrthographeLe russe s'écrit pratiquement comme il se prononce, bien que certaines lettres échappent à cette règle, telles les voyelles non accentuées ou certaines consonnes. Par exemple, dans "говорить" prononcé "gavarit" (parler), les 'o' se prononcent entre le 'o' et le 'a'. Pareil dans "хорошо" (bien) avec les deux premiers 'o' (le troisième se prononce par contre vraiment 'o'). Le 'e' a aussi des prononciations variables suivant qu'il est accentué ou non. Par exemple, dans "нет" (non), il se prononce 'ié'. Dans "семья" (famille), il se prononce presque comme un 'i' bref. Dans des verbes comme "чувствовать" (sentir, ressentir), le premier 'в' ne se prononce pas. Par ailleurs, les consonnes finales ou antéfinales sonores subissent un assourdissement, connu dans la plupart des langues slaves. Par exemple, dans "лoшадь" (le cheval), le 'д' final se prononce presque comme un 't' mouillé. Dans les mots terminés par "его" ou "ого" (cas des adjectifs possessifs au génitif singulier), le 'г' se prononce comme un 'в'. Dans les verbes pronominaux, la particule finale "ся" les caractérisant se prononce généralement 'sié'. Malgré tout, les règles d'écritures sont claires. L'orthographe actuelle est le fruit de la grande réforme de 1918 (qui avait été proposée avant la Révolution) et de la codification de 1956. La ponctuation, provenant initialement du grec byzantin, a été modifiée aux XVIIe et XVIIIe siècles par analogie avec le système allemand et français. [modifier] Vocabulaire
[modifier] Grammaire du russeLe russe est une langue flexionnelle. La déclinaison russe possède six cas : (Un vocatif subsiste dans l'invocation religieuse.) [modifier] Déclinaisons[modifier] Première déclinaison – substantifs masculins
[modifier] Première déclinaison – substantifs neutres
[modifier] Deuxième déclinaison – substantifs féminins
[modifier] Troisième déclinaison
[modifier] Les neutres en -я
[modifier] ArticleComme la plupart des langues slaves, le russe ne possède aucun article. Le caractère défini ou indéfini d'un substantif est indiqué par sa position par rapport au verbe. Exemple :
Mais ceci est probablement plus théorique que pratique, car les russes "de la rue" ne font pas cette différence. Les deux locutions sont, pour eux, absolument identiques. [modifier] NomIl y a trois genres (masculin, féminin, neutre) et deux nombres (singulier, pluriel). Le duel subsiste dans de rares cas. Généralement, la terminaison du nominatif singulier indique le genre. [modifier] AdjectifLe système adjectival russe, tout comme le système verbal au passé, ne connaît que quatre « genres ». Il distingue le masculin, le féminin et le neutre au singulier (encore que le masculin et le neutre se confondent à partir du génitif), mais applique le même pluriel à tous les genres. Une spécificité du russe, par rapport aux autres langues slaves, est l'existence d'une forme longue (décrite ci-dessous) et d'une forme courte (non déclinable) des adjectifs. La forme courte n'est utilisée que quand l'adjectif est attribut.
On distingue de plus entre les adjectifs à racine dure (cf. ci-dessus) et ceux à racine molle. Pour ces derniers on notera que :
[modifier] Pronoms[modifier] Pronoms personnels
[modifier] Pronoms démonstratifs
[modifier] Pronoms possessifs
[modifier] Pronoms interrogatifs
[modifier] Verbes
[modifier] DialectesOn distingue trois groupes de dialectes en Russie d'Europe : le russe septentrional, central et méridional. Chacun de ces groupes se décompose lui-même en plusieurs dialectes. À considérer également, bien que ne relevant pas des aspects dialectaux : la langue russe sous sa forme argotique. Le "langue verte", le "mat" venu des prisonniers et "zek" est utilisée au quotidien. Son lexique est riche, hormis les aphérèses, apocopes et autres dérivations, et les polysémies étendues. [modifier] Russe septentrionalSitué au nord-est d'une ligne reliant le lac Ladoga à Yoshkar-Ola en passant par Novgorod et Yaroslavl. Ce groupe se distingue par une prononciation du "o" non accentué comme un /o/, le "g" est guttural et le "t" se prononce dur.
[modifier] Russe centralLa limite septentrionale passe par Saint-Pétersbourg, Novgorod, Ivanovo et Nijni Novgorod jusqu'à Tcheboksary. Au sud, cette région comprend Velikié Louki, Moscou et Penza. L'accent local comporte des traits empruntés tant au russe septentrional qu'au russe méridional. On distingue la partie occidentale (prononçant /o/ même hors accent) et la partie orientale (prononçant le o non accentué /a/).
[modifier] Russe méridionalLa région s'étend au sud de Velikié Louki et passe par Ryazan et Tambov. On y prononce le 'o' non accentué /a/, le 'g' est fricatif et le 't' mouillé. [modifier] La langue russe aujourd'hui
Le russe est aujourd'hui parlé par plus de 250 millions de personnes, dont quelque 145 millions le parlent comme langue maternelle. Outre le fait d'être parlé par la grande majorité des Russes de Russie, son prestige est toujours important en Ukraine, en Biélorussie et au Kazakhstan où subsiste encore une importante minorité russe. Dans les républiques du Caucase et d'Asie centrale, le russe sert toujours de langue véhiculaire entre les différentes ethnies. Du fait de l'immigration, Israël, l'Allemagne, le Canada, les États-Unis et quelques autres pays comptent aussi d'importantes communautés de langue russe. Il est à noter que les peuples non russes de l'ancienne URSS ont souvent une meilleure maîtrise écrite de la langue russe que de leur propre langue, ce qui permet à la presse russophone de subsister. Dans les pays baltes, le nationalisme de l'après-indépendance a fait perdre au russe son rôle officiel, et la minorité russe se voit aujourd'hui obligée de se battre[non neutre] pour maintenir le rôle de leur langue dans ces pays. Hors de l'ex-URSS, le prestige du russe a régressé du fait de la perte d'influence de la Russie dans le monde. S'il est vrai que les pays d'Europe centrale, où l'apprentissage du russe était autrefois obligatoire, se tournent aujourd'hui unilatéralement vers l'anglais (quoi qu'également vers l'allemand et le français), la langue reste utilisée comme lingua franca, fut-ce de manière informelle, par les tranches d'âge plus élevé de la population. On peut en effet estimer que la partie de la population d'Europe de l'Est (quel que soit le pays) qui avait au-delà de vingt ans lors de l'effondrement de l'URSS garde une maîtrise courante, et parfois très approfondie de la langue russe. Parmi les populations nées autour de 1980, les Slaves méridionaux (et particulièrement les Bulgares), qui se rapprochent des russes (Slaves orientaux) et par leur langue, et par leurs racines culturelles communes, pour lesquels la domination soviétique était et pour cause, bien mieux tolérée[non neutre] que par les Slaves occidentaux (Tchèques), et les populations non slaves (on pense à la Hongrie, mais aussi à la Roumanie), et gardant par ailleurs les traces d'un apprentissage passif, la communication en russe est non seulement possible, elle très bien accueillie[réf. nécessaire] (malgré certaines idées reçues exportées tout droit d'Occident)[non neutre]. Pour la génération plus jeune, quel que soit le pays, l'anglais prédomine totalement, quoique largement ignoré par la population plus âgée. On assiste ainsi à un véritable déplacement de la lingua franca entre deux générations d'Europe centrale.[réf. nécessaire] Il reste à noter que le russe des aînés, appris du moins scolairement, souvent académiquement, est globalement bien mieux maîtrisé que l'anglais des plus jeunes, souvent très approximatif, appris à la volée et de façon ludique au moyen des médias modernes et d'Internet (par contraste, encore une fois, il est courant que la génération plus âgée parle le russe de manière impeccable).[réf. nécessaire] Dans le même ordre d'idées, la partie restreinte de la jeune génération connaissant le français ou l'allemand ont inversement une excellente maîtrise de ces langues, pour les avoir apprises sérieusement dans un cadre universitaire ou professionnel. L'ouverture de la Russie vers le monde occidental laisse penser à un renouveau de la langue russe d'ici quelques décennies si la Russie se relève de sa crise actuelle. La perte d'influence du russe tire en effet son fondement de la période de transition, nécessaire, après l'effondrement du régime soviétique. Le rôle de la langue russe ne s'est toutefois jamais démenti, fut-ce du point de vue scientifique (restant une langue de communication de première importance dans la conquête de l'espace), culturel (on pense à ses monuments littéraires), ou géopolitique (la Russie restant d'une part une puissance militaire de tout premier ordre, le rôle de la langue d'autre part, assumé non pas comme lingua franca mais cette fois comme langue officielle de plein droit, ne s'étant pas effacé en Asie centrale, et sur des territoires s'étendant - à tout prendre - de la Baltique à l'ouest, à la mer du Japon à l'est, littéralement de la Pologne à la Corée, en passant par la mer Noire, le Caucase, l'Iran, l'Afghanistan, la Chine et le pôle Nord). Enfin, le dédain des services de renseignement militaires (français du moins) pour le russe au profit de l'arabe et des langues iraniennes, serait à comprendre comme un vestige tardif de la période transition des années 1990, et son lot d'avatars inéluctables, un phénomène de mode dont on peut, de manière assez évidente, et sans faire preuve par là de beaucoup d'acuité - percevoir l'aspect éphémère.[non neutre] [modifier] Notes et références
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