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Prix Nobel de littératureLe prix Nobel de littérature récompense annuellement depuis 1901 de son vivant un auteur, un écrivain, un homme ou une femme de lettres s'étant brillamment illustré dans le domaine et dont l'œuvre est censée avoir apporté une contribution durable et remarquable aux champs du savoir et de la culture. Le prix a été créé par testament par le chimiste suédois Alfred Nobel. Selon ce testament, le lauréat devait avoir « élaboré une œuvre littéraire faisant la démonstration d'une impressionnante force idéaliste » ((sv) den som inom litteraturen har producerat det utmärktaste idealisk riktning[1]). Le terme idealisk peut se traduire par « idéaliste » ou « idéal ». Cette tournure sémantique fut déterminante pour la ligne de conduite du jury des Nobel lors des premières années ayant suivi la création du prix, ce qui déclencha plusieurs polémiques. Le comité s'en tenait en effet à la définition stricto sensu donnée par Alfred Nobel, écartant ainsi de ses palmarès bon nombre d'écrivains, dont l'œuvre pourtant majeure, ne fut pas jugée suffisamment « idéaliste » pour être mise à l'honneur : bien qu'ayant figuré sur la liste, Émile Zola, Henrik Ibsen et Leon Tolstoï par exemple ne furent jamais récompensés. Récompense considérée comme la plus prestigieuse et la plus médiatisé au monde, le Nobel met en lumière un auteur et ses travaux, auxquels il assure une promotion planétaire, une renommée internationale, une aisance financière et une certaine liberté dans l'acte d'écriture. Cet honneur apporte également à son détenteur l'assurance de confortables tirages, bien que les chiffres des ventes, consécutifs à l'attribution du prix, ne semblent pas toujours jouer en la faveur de la rentabilité commerciale[2]. En toute logique, le prix Nobel a honoré avant tout les représentants d'une « littérature » au sens où elle est attestée dès 1764, à savoir l'« ensemble d'une œuvre imputable à un auteur, fictionnelle ou non, mimétique ou non mais dont la valeur première est esthétique et formelle »[3]. Romanciers, essayistes, poètes et dramaturges ont donc été les principaux récompensés même si l'on compte, dans la liste des lauréats, trois philosophes (Rudolf Christoph Eucken, Henri Bergson et Bertrand Russell) et deux historiens (Christian Matthias Theodor Mommsen et Sir Winston Churchill, également distingué pour ses discours politiques). La personnalité la plus âgée à avoir obtenu cette distinction est Doris Lessing (née en 1919), récompensée en 2007 à 88 ans. Le plus jeune lauréat est Rudyard Kipling (1865-1936), couronné en 1907 à 42 ans.
L'écrivaine britannique Doris Lessing, lauréate du prix 2007, personnalité la plus âgée à recevoir cette distinction
[modifier] Nominations et mode de fonctionnementChaque fin d'année, à l'automne, le prix Nobel est attribué par l'Académie suédoise. L'Académie, pour constituer ses nominations, s'appuie sur plusieurs grandes instances ou figures d'autorité dans le domaine des Lettres parmi lesquelles d'autres membres d'académies et de sociétés littéraires nationales ou étrangères, des cercles universitaires formés d'éminents professeurs en littérature, langue ou linguistique, d'anciens lauréats du prix, des présidents d'associations nationales d'écrivains représentatives de la production littéraire dans leurs pays. Chacun propose une liste de plusieurs noms, détaillée, expliquée et argumentée, qu'il est censé communiquer à une échéance précise au comité des Nobel. Il est interdit à chacune des personnes sollicitées de voter pour elle-même. Des milliers de propositions sont soumises annuellement au comité qui ne garde que trois-cent cinquante noms qu'il élague, le 1er février pour ne garder que quinze à vingt candidatures envoyées ensuite à l'Académie suédoise. Dès le 1er avril[4], les académiciens fixent parmi celles-ci une liste finale de cinq noms. Après avoir étudié, pendant l'été et en détail, l'œuvre et la biographie des auteurs en lice, les jurés organisent plusieurs réunions et discussions où chacun défend celui qui, selon ses critères, mérite la distinction suprême. En conclusion de ces débats en octobre, les membres de l'Académie procèdent à un vote à un ou deux tours, au scrutin majoritaire uninominal. La personne qui aura obtenu plus de la moitié des voix se verra désigné comme détenteur du prix Nobel. Un troisième tour peut éventuellement être organisé. Le jury peut aussi déroger à la règle suite à une décision exceptionnelle prise à l'unanimité ou à la large majorité des intervenants, comme dans le cas (très rare) d'attribution d'un prix double ou conjoint. Ce mode de fonctionnement est similaire pour toutes les autres catégories. L'identité du récipiendaire est révélée par le secrétaire permanent de l'Académie dans le courant du mois d'octobre, lors d'une conférence de presse officielle dans le bâtiment de Börshuset (où se déroulent d'ailleurs toutes les réunions des académiciens), situé dans la vieille ville de Stockholm. Le contenu et le déroulement des délibérations ainsi que la liste finale des cinq personnalités désignées sont gardés secrets depuis plus de cinquante ans, même si d'inévitables fuites alimentent bon nombre de commentaires. Certaines nominations ont d'ailleurs été rendues publiques et sont même utilisées comme argument de vente par les éditeurs. Même si le montant de la somme inhérente au prix a évolué au cours de son histoire, il est fixé aujourd'hui à dix millions de couronnes suédoises, à savoir environ un million d'euros. Chaque personnalité récompensée se voit décerner par le roi de Suède, au cours de la Cérémonie de remise des prix Nobel, le 10 décembre à Stockholm, la médaille d'or et le diplôme calligraphié de la Fondation Nobel (conçu depuis une vingtaine d'années par l'artiste Annika Rücker). Chaque diplôme contient le nom du lauréat, l'attestation de son statut nouvellement conféré mais également la définition ou justification artistique donnée par l'Académie à son entreprise littéraire. Le gagnant doit ensuite faire un discours solennel, dans sa langue natale ou d'adoption, devant l'assemblée. Il y définit sa propre œuvre, décline sa vision de la littérature, puis énonce ce qui, pour lui, constitue les principaux enjeux esthétiques, formels, structurels, poétiques, philosophiques, culturels, éthiques ou encore politiques de la création contemporaine. [modifier] Critiques et polémiquesNombre de critiques, spécialistes et cercles de lecteurs pensent que la qualité des apports poétique, esthétique, thématique et philosophique d'une œuvre au domaine des Lettres n'est pas le seul "critère impartial" sur lequel s'axe l'Académie suédoise pour attribuer le prix Nobel. On a beaucoup reproché au comité son eurocentrisme (qui recouvre des raisons avant tout culturelles et historiques) mais également la primauté accordé à des auteurs "idéalistes", chantres d'un optimisme purement occidental mais conformes aux représentations d'Alfred Nobel. Cette posture idéologique fut la cause principale de l'oubli d'écrivains aussi importants que Léon Tolstoï, Émile Zola, August Strindberg ou encore Henrik Ibsen. Ce n'est que pendant la Première Guerre mondiale que l'Académie suédoise afficha une ligne de neutralité, récompensant des auteurs de pays n'ayant pas combattu ou des auteurs plus critiques. En 1958, l'attribution du prix à Boris Pasternak déclencha la colère des autorités soviétiques. Boris Pasternak, considéré comme un "agent de l'Occident capitaliste, anti-communiste et anti-patriotique" fut forcé de décliner la récompense, s'épargnant à lui ainsi qu'à ses proches de lourdes sanctions. En 1961, Wystan Hugh Auden aurait dit-on fait allusion, lors d'une conférence scandinave (qui comprenait une grande exposition lui étant consacrée), à l'homosexualité de son traducteur suédois: le diplomate prix Nobel de la paix Dag Hammarskjöld car il aurait mal reçu la traduction d'un de ses poèmes. Ceci l'écarta définitivement de la liste des récipiendaires. En 1964, Jean-Paul Sartre déclina le prix Nobel qui, selon lui, était "beaucoup trop tourné vers l'Occident"[5]. Le prix Nobel 1970 Alexandre Soljenitsyne, dissident soviétique, ne voulut pas se rendre à Stockholm de peur de ne pas être autorisé à retourner en Union Soviétique où il était assigné à résidence et où son œuvre, mise à l'index, circulait clandestinement. Mais après le refus du gouvernement suédois d'honorer Soljenitsyne par une remise du prix avec lecture et discours publics lors d'une cérémonie organisée à l'ambassade de Moscou, l'écrivain fut prêt à décliner la récompense et l'argent, rejetant les conditions suédoises qui, selon lui, étaient "une insulte au prix Nobel lui-même"[6]. Il ne put percevoir sa distinction qu'après avoir été déchu de sa nationalité soviétique et exclu d'U.R.S.S en 1974. En 1974, Graham Greene, Vladimir Nabokov et Saul Bellow furent cités pour être simultanément récompensés mais l'Académie suédoise refusa cette éventualité au profit d'un prix conjoint attribué aux deux écrivains suédois Eyvind Johnson et Harry Martinson, tous deux membres de l'Académie et donc jurés du prix Nobel. Bellow fut finalement honoré deux ans plus tard en 1976, mais ni Greene ni Nabokov ne furent primés. Le prix attribué à Dario Fo en 1997 fut jugé "bien léger"[7] par certains critiques. En effet, la gageure de l'auteur était d'avoir désenclavé en Italie le théâtre national contemporain pour le rendre accessible à un public non spécialisé et moins avantagé. Aussi avait-il su, selon les mêmes critiques, remettre au goût du jour les recettes satiriques de la commedia dell'arte. Son apport artistique et théâtral fut en effet plus reconnu sur le plan visuel, scénique ou sur celui de l'interprétation et de l'oralité que sur le plan purement textuel et littéraire (au niveau de la langue écrite). Maintes fois censuré par l'Église catholique romaine la désignation de Fo, par ailleurs militant d'extrême gauche, fut une véritable surprise. Selon l'éditeur britannique du dramaturge, Salman Rushdie et Arthur Miller, en lice cette année-là, faisaient figure de grands favoris. Mais le jury aurait considéré leur éventuelle victoire comme "beaucoup trop prévisible", émanant d'un choix "trop populaire"[8]. Le choix d'Elfriede Jelinek en 2004 n'a pas seulement partagé la presse. Il fut l'objet de violents débats au sein même de l'Académie suédoise. Il fut d'ailleurs la cause de la démission de Knut Ahnlund de son poste d'académicien en 2005. Il jugeait l'honneur fait à l'écrivaine autrichienne être un "choc d'une extrême gravité, ayant causé des dommages irréparables à la littérature de manière générale et à la réputation du prix en particulier."[9] En août 2006, suite au chahut médiatique provoqué par la révélation de l'engagement volontaire au sein de la Waffen-SS en 1944 de Günter Grass (récompensé en 1999) , la Fondation Nobel dut intervenir face aux sommations de la droite allemande et d'une partie de la presse qui priaient l'écrivain de rendre sa récompense et la somme d'argent lui étant corrélée. Le président du comité déclara que "l'attribution des prix était irréversible car aucun prix Nobel n'avait été retiré à quiconque par le passé"[10]. Bien que son nom fut maintes fois retenu sur les listes, Jorge Luis Borges ne fut jamais récompensé, comme l'affirme son biographe Edwin Williamson, à cause de ses opinions politiques et de son comportement ambigu face à la dictature argentine. Aussi Louis-Ferdinand Céline et Ezra Pound ont-ils été exclus par le comité de tout palmarès suite à des prises de position politique sulfureuses. Beaucoup reprochent encore au comité ses largesses vis-à-vis de la littérature allemande à une certaine époque. Heinrich Böll par exemple, dont l'importance historique n'est pas à dénigrer (il fut la tête de proue de la littérature allemande d'après-guerre et le pionnier du groupe 47) mais dont l'œuvre n'a jamais innové, ni au niveau de la forme, de la langue, de la structure, ni sur le plan du contenu et de la thématique, a reçu le prix en 1972 mais pas Bertolt Brecht qui payait ainsi sans doute son engagement auprès du régime est-allemand. On peut constater que pléthore de grands noms de la littérature au XXe siècle ou du tournant du XIXe siècle, hommes ou femmes, dont les écrits font l'objet des exégèses les plus pointues dans les milieux universitaires et qui sont pour beaucoup reconnus comme des pierres angulaires de l'Histoire littéraire, ne figurent pas parmi les lauréats bien que la plupart d'entre eux aient été plusieurs fois nommés au titre: Anna Akhmatova, Rafael Alberti, Guillaume Apollinaire, Louis Aragon, Antonin Artaud, Ingeborg Bachmann, Roland Barthes, Georges Bataille, Thomas Bernhard, Maurice Blanchot, André Breton, Hermann Broch, William S. Burroughs, Italo Calvino, Constantin Cavafy, Paul Celan, Aimé Césaire, René Char, Emil Cioran, Hugo Claus, Joseph Conrad, Julio Cortazar, E. E. Cummings, Alfred Döblin, John Dos Passos, Lawrence Durrell, Paul Éluard, Salvador Espriu, Francis Scott Fitzgerald, Federico Garcia Lorca, Witold Gombrowicz, Sadegh Hedayat, Zbigniew Herbert, Henry James, Alfred Jarry, James Joyce, Ernst Jünger, Danilo Kis, Karl Kraus, Lao She, André Malraux, Ossip Mandelstam, Carson McCullers, Henry Miller, Yukio Mishima, Robert Musil, George Orwell, Cesare Pavese, Georges Perec, Marcel Proust, Raymond Queneau, Rainer Maria Rilke, Joseph Roth, Nathalie Sarraute, Léopold Sédar Senghor, Jan Jacob Slauerhoff, Gertrude Stein, William Styron, Marina Tsvetaiéva, Mark Twain, Tristan Tzara, Paul Valéry, Tennessee Williams, William Carlos Williams, Virginia Woolf... Néanmoins, il semble facile de dresser un bilan comparatif des primés et des oubliés a posteriori. Étant une consécration tardive et non une valorisation de talents prometteurs, le rôle du prix Nobel est logiquement soumis à la controverse. Il est difficile, pour certains, que les jurés soient visionnaires et puissent présager de la postérité laissée par une œuvre, d'autant qu'il paraît impossible de trancher et de prendre une décision totalement impartiale si l'on inclut le respect de la mémoire testamentaire d'Alfred Nobel et la matérialité technique, historique, politique, idéologique qui motive chacun des choix. Il ne faut, de surcroît, pas négliger les possibilités et moyens de diffusion de livres à une certaine époque ou la facilité d'accès à certains ouvrages. En ce sens, on peut comprendre l'omission sur les listes de nombreux poètes soviétiques dont les écrits ne circulaient que clandestinement. Il était, de plus, également impossible de distinguer de leur vivant des personnalités telles que Fernando Pessoa qui publiait sous divers pseudonymes et dont les poèmes dans l'essentiel ne furent assemblés en recueils et édités, après bien des péripéties, que de manière posthume. Il en va de même pour Franz Kafka qui mourut prématurément et dont l'œuvre dans sa plus grande partie ne fut découverte et mise en exergue qu'après sa mort. Pour d'autres, en revanche, campant une position plus sartrienne, il s'agit de voir dans ces oublis la vacuité des grandes machines institutionnelles engoncées dans leur posture intellectuelle aussi inepte que récalcitrante, sans que celles-ci aient réalisé ce qu'est la littérature dans son essence. Cela dit, on reproche désormais aux jurés du Nobel de vouloir jouer sur la controverse politique à des fins commerciales et médiatiques à l'instar de trois de ses derniers choix (Elfriede Jelinek, Harold Pinter et Orhan Pamuk)[11]. Parmi les écrivains de premier ordre qui n'ont pas encore été honorés par l'Académie suédoise bien qu'elle les ait majoritairement nommés, on compte notamment : Adonis, Aharon Appelfeld, Paul Auster, Yves Bonnefoy, Michel Butor, Mahmoud Darwich, Don DeLillo, Erri De Luca, Umberto Eco, Hans Magnus Enzensberger, Carlos Fuentes, Peter Handke, Ismail Kadare, Einar Karason, Tadeusz Konwicki, Agota Kristof, Milan Kundera, Antonio Lobo Antunes, Sven Age Madsen, Cormac McCarthy, Edouardo Menzona, Pierre Mertens, Haruki Murakami, Cees Nooteboom, Joyce Carol Oates, Amos Oz, Arto Paasilinna, Lioudmila Petrouchevskaïa, Thomas Pynchon, Jordan Radickov, Philip Roth, Salman Rushdie, Dag Solstad, Botho Strauss, Antonio Tabucchi, Monika Van Paemel, Martin Walser, ou encore Christa Wolf. L'offre de Günther Grass concernant directement cette dernière, à savoir de récompenser à la fois un auteur de l'Allemagne de l'Est et de l'Ouest comme symbole culturel de la Réunification fut déclinée par le comité. Quant aux régions du monde les moins favorisées, force est de constater que le bilan est largement médiocre en dépit de réels efforts. L'Amérique latine et caribéenne est la seule à tirer à peu près son épingle du jeu en totalisant sept prix Nobel (même si le cas V.S Naipaul semble un peu à part: Britannique antillais d'origine indienne). Côté asiatique, on ne compte qu'un unique Prix chinois : Gao Xingjian (naturalisé français) et un indien du Raj de langue Bengalî : Rabindranath Tagore. Même le riche Japon ne compte en tout et pour tout que deux lauréats (Yasunari Kawabata et Kenzaburō Ōe). On note par ailleurs une totale absence, dans la liste des récipiendaires, d'écrivains de langue persane. Néanmoins, l'Afrique est sans conteste le continent le plus boudé par l'Académie: si l'on excepte les deux Sud-Africains anglophones Nadine Gordimer et John Maxwell Coetzee (récompensés respectivement en 1991 et 2003), on constate qu'un seul auteur noir africain anglophone : le Nigérian Wole Soyinka, en 1986, et un seul écrivain arabophone : l'Égyptien Naguib Mahfouz en 1988, ont été distingués. D'autres auteurs de prime importance comme Ngugi wa Thiong'o, Chinua Achebe ou Nuruddin Farah, cités plusieurs fois par l'Académie sur ses listes, doivent encore patienter. [modifier] Liste des lauréats du prix Nobel de littérature[modifier] Années 1900
[modifier] Années 1910
[modifier] Années 1920
[modifier] Années 1930
[modifier] Années 1940
[modifier] Années 1950
[modifier] Années 1960
[modifier] Années 1970
[modifier] Années 1980
[modifier] Années 1990
[modifier] Années 2000
[modifier] Récompenses par langues
[modifier] Notes et références
[modifier] Lien externeSite officiel de l'Académie suédoise
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