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Le Petit Chaperon rouge
Le Petit Chaperon rouge par Albert Anker (1883)
Le Petit Chaperon rouge est un conte appartenant à la tradition orale, retranscrit par Charles Perrault en France et par les Frères Grimm en Allemagne. Il fut publié pour la première fois en 1697 dans Les Contes de ma mère l'Oye.
[modifier] Origines du conte
Le loup et la grand-mère, illustration de Gustave Doré de 1867
Le Petit Chaperon rouge et le loup, illustration de Gustave Doré
Le Petit Chaperon rouge est un conte de la tradition populaire, qui a connu de nombreuses versions au cours de l’histoire. Il s’agit à l'origine d’un récit pour enfant, mais qui contient des thèmes ayant trait à la sexualité, à la violence et au cannibalisme. Le conte oppose, dans une convention toute médiévale, l’univers sûr du village aux dangers de la forêt, même si aucune version écrite ne remonte à cette époque. C'est d'ailleurs du Moyen-Âge que le Petit Chaperon tient sa couleur rouge : en effet, les trois couleurs dominantes à cette époque étaient le rouge, le blanc et le noir. Si le loup est noir, le beurre blanc, il fallait donc que l'héroïne fût rouge [1]. On retrouve trace de l’histoire dans la tradition orale de nombreux pays d’Europe, sous différentes versions, antérieures au XVIIe siècle. Les paysans français racontaient l’histoire dès le XIe siècle. L'une des versions orales du conte nous est connue, elle est l'une des plus sanglantes : le Loup, arrivé chez la Mère-grand, la dévore en en gardant toutefois un peu de côté, et prend sa place. La petite fille arrive et, ne se doutant de rien, obéit à la fausse grand-mère lui disant de manger un peu de viande et de boire un peu de vin, en fait la chair et le sang de l'aïeule (la petite fille s'interrogerait même quant aux dents présentes dans la chair, question à laquelle le Loup lui répondrait qu'il s'agit de haricots). Dans la version italienne de La Finta Nonna (La Grand-mère), la petite fille l’emporte sur le Loup grâce à sa propre ruse, sans l’aide d’un homme ou d’une femme plus âgée. Le chasseur, personnage ajouté ultérieurement, limite l’héroïne à un rôle plus passif. Certains y verront la volonté de maintenir les femmes « à leur place », dépendante de l’aide d’un homme fort. La version écrite la plus ancienne est celle de Charles Perrault, parue dans Les Contes de ma Mère l’Oye en 1697. Cette version sera plus malheureuse et moralisatrice que celles qui suivront. L’héroïne en est une jeune fille bien élevée, la plus jolie du village, qui court à sa perte en donnant au loup qu’elle rencontre dans la forêt les indications nécessaires pour trouver la maison de sa grand-mère. Ce dernier mange la vieille dame en se cachant des bûcherons qui travaillent dans la forêt voisine. Il tend ensuite un piège au Petit Chaperon rouge et finit par la manger. L’histoire en finit là, sur la victoire du loup. Pas de fin heureuse pour l’héroïne, la morale de Perrault est sans appel. Au XIXe siècle, deux versions distinctes furent rapportées à Jakob Grimm et son frère Wilhelm (les fameux frères Grimm) : la première par Jeanette Hassenpflug (1791–1860) et la seconde par Marie Hassenpflug (1788–1856). Les deux frères firent de la première version l’histoire principale et de la seconde une suite. L’histoire de Rotkäppchen (La Capuche Rouge) parut dans la première édition de leur collection Kinder- und Hausmärchen (Contes des Enfants et du Foyer, 1812)). Dans cette version, la fillette et sa grand-mère sont sauvées par un chasseur pistant le Loup. La suite montre la fillette et sa grand-mère piégeant et tuant un autre loup, anticipant ses gestes grâce à l’expérience acquise au cours de la première histoire. Les frères Grimm modifièrent l’histoire dans les éditions postérieures, jusqu’à atteindre la version la plus connue dans l’édition de 1857. Cette version édulcorée, largement répandue, raconte l’histoire d’une petite fille qui traverse la forêt pour apporter une galette, un pot de beurre et de la confiture à sa grand-mère. En chemin, la fillette fait la rencontre d’un loup, qui la piège à la fin et la dévore elle et sa grand-mère. Un chasseur vient néanmoins pour les sauver en ouvrant le ventre du Loup. Le Petit Chaperon rouge et sa grand-mère en sortent saines et sauves. Le thème du personnage mangé par le Loup et sorti du ventre renvoie au conte de Pierre et le Loup. [modifier] Analyse[modifier] ClassificationConte type n° 333 (Classification Aarne-Thompson)[2] [modifier] ChaperonLe PCR est, à l’époque de Charles Perrault, une coiffure féminine populaire et bourgeoise, mais déjà démodée. La chose est naturelle, le costume des enfants du XVIIe siècle des classes aisées se caractérise par son archaïsme et ses emprunts aux modes populaires. Ce petit chaperon rouge serait donc la marque du désir des protagonistes villageois de se distinguer socialement, un signe de l’affection de la mère et de la grand-mère pour leur ravissante petite fille[3]. [modifier] Explication symboliqueCertains chercheurs (notamment Pierre Saintyves) ont vu dans le chaperon rouge une couronne de fleurs, ce qui ferait de l'héroïne une reine de Mai, personnage du folklore populaire. Cette interprétation est combattue par les comparatistes qui font remarquer que les différentes versions du conte n'insistent pas toutes sur ce trait qui paraît avoir été mis en exergue par Perrault et les frères Grimm[2]. [modifier] Conte d'avertissementMarianne Rumpf[4] rattache ce conte à la tradition des récits d'avertissement ou de mise en garde contre des comportements dangereux, en l'occurrence se laisser aborder par un inconnu[5]. [modifier] Interprétation psychanalytiqueSelon Bruno Bettelheim, auteur de la Psychanalyse des contes de fées, le Petit Chaperon rouge symboliserait le personnage de la petite fille aux portes de la puberté, le choix de la couleur rouge du chaperon renvoyant au cycle menstruel. Le village et la maison de la grand-mère sont des endroits sûrs, chemin entre l’enfance et l’âge adulte. Pour arriver à destination, il faut emprunter un chemin qui traverse une forêt, lieu de danger ou rôde le Grand méchant loup. La mère indique à la fille le chemin à suivre, le « droit chemin » et la met en garde contre les mauvaises rencontres. La fillette a une attitude ambiguë, puisque, faisant mine de se débarrasser du Loup, elle lui donne en réalité toutes les indications pour que celui-ci trouve la grand-mère, et la mange… Arrivée à destination, la fillette voit bien que quelque chose ne va pas, (« Que vous avez de grandes dents ») mais… finit dans le lit du Loup. Le Loup, présent dans d’autres contes comme prédateur (Le Petit Poucet), est ici la figure du prédateur sexuel. L'analyse de Bruno Bettelheim repose cependant sur un conte tronqué. En effet Charles Perrault fixa l'une des centaines de versions du Petit Chaperon Rouge en éliminant des détails qui ne lui signifiaient rien alors qu'ils ont une importance capitale dans l'analyse de l'histoire. Avant de traverser la forêt, le Petit Chaperon Rouge doit choisir entre deux chemins: celui de l'aiguille ou celui de l'épingle. L'aiguille qui sert à broder/repriser fait saigner. C'est l'apprentissage et la maîtrise des menstrues; le stade de l'adolescence. L'épingle est celle mise dans la coiffe de la mariée, le stade adulte. Par ces choix, la petite fille doit respecter les étapes. Elle ne peut se marier que si elle est nubile, mature. D'autres détails d'importance analytique ont pu échapper à Bruno Bettelheim dans le même conte et dans les autres. Voilà pourquoi le bon ouvrier ne fait pas le bon instrument, si ce dernier est escamoté. [modifier] Titre dans d'autres langues
[modifier] AdaptationsIl existe de nombreuses adaptations de cette histoire devenue un incontournable de la culture occidentale. [modifier] Cinéma
Le Petit Chaperon rouge, illustration d'un recueil hollandais, 1843
Enfin, en 2006, le groupe Evanescence sort un clip vidéo : Call me when you're sober (Appelle-moi quand tu seras dessaoûlé) dans lequel Amy Lee évoque une rupture. Le clip raconte l'histoire d'une jeune femme (le Petit Chaperon rouge) qui essaye d'échapper aux griffes du grand méchant loup. [modifier] Livres
[modifier] Textes et musique
[modifier] Voir aussi[modifier] Articles connexes[modifier] Liens externes
[modifier] Textes complets sur WikisourceCharles Perrault
Les frères Grimm
[modifier] Bibliographie
[modifier] Notes et références
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