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Jacques Chaban-Delmas
Jacques Chaban-Delmas, né le 7 mars 1915 à Paris et mort le 10 novembre 2000, est un général de brigade, résistant et homme politique français, notamment député-maire de Bordeaux de 1947 à 1995, président de l'Assemblée nationale à trois reprises et Premier ministre de 1969 à 1972.
[modifier] BiographieFils de Pierre Delmas et de Georgette Barroin[1], Jacques Delmas étudie au lycée Lakanal, à Sceaux, à la faculté de droit de Paris et est diplômé de l'École libre des sciences politiques, licencié en droit et diplômé d'études supérieures d'économie politique et de droit public. En 1933, il rentre en tant que journaliste à l'Information. Durant la Seconde Guerre mondiale, il est attaché au ministère de la Production Industrielle du régime de Vichy puis rentre comme adjoint à l'Inspection générale des Finances en 1942. [modifier] RésistanceIl entre en contact avec la Résistance en décembre 1940. Il se lie avec Maurice Bourgès-Maunoury et Félix Gaillard. De 1941 à 1942, il travaille au ministère de la Production industrielle, dirigé par François Lehideux sous Darlan, puis Jean Bichelonne, dans le deuxième gouvernement de Pierre Laval, dont les services parisiens étaient installés dans un hôtel du XVIIIe siècle, rue de Grenelle. Comme haut fonctionnaire, il est sous les ordres de l'inspecteur des finances Raymond Panié, ancien condisciple de Roger Bichelonne à l'École polytechnique. Sous le pseudonyme de Chaban, il fournit des renseignements économiques à la France libre. Raymond Panié évente ses agissements. Chaban représente le chef du service des relations extérieures aux conférences qui réunissent les représentants des services responsables de l'économie en zone occupée. En mai 1944, il est nommé délégué militaire national et général de brigade par le général de Gaulle. Il est à l'époque le plus jeune général nommé depuis le Premier Empire. Il participe à la Libération de Paris en août 1944. [modifier] Début de carrière politiqueIl est élu député de la Gironde en 1946, mandat qu'il conserve jusqu'en 1997, puis maire de Bordeaux de 1947 à 1995, et président de l'Assemblée nationale de 1958 à 1969, de 1978 à 1981 et de 1986 à 1988. Plusieurs fois ministre sous la Quatrième République, il est un éphémère ministre de la Défense nationale du gouvernement Félix Gaillard, et inaugure, en tant que tel, le Centre d'enseignement à la guerre subversive de Jeanne-d'Arc, dans le Constantinois (Algérie), le 10 mai 1958, école dont il a confié la direction à Marcel Bigeard[2]. On y enseigne les méthodes policières et l'usage de la torture[2]. Chaban-Delmas devient ensuite Premier ministre sous le mandat de Georges Pompidou de 1969 à 1972. Il est contraint à la démission par le président de la République, qui n'apprécie ni son projet de « Nouvelle société », trop progressiste (un de ses conseillers est Jacques Delors), ni certaines maladresses de son Premier ministre (par exemple, la nomination de Pierre Desgraupes à la direction de l'information de l'ORTF). Il est aussi visé par une campagne de presse virulente. Pompidou aurait agi sous l'incitation de ses proches conseillers Marie-France Garaud et Pierre Juillet, adversaires acharnés de la Nouvelle société, qui jouaient un rôle majeur d'éminence grise auprès du président de la République. Il apparaît sous le nom du baron Chaban d'Elmas dans le savoureux ouvrage pamphlétaire d'André Ribaud sur le pouvoir gaulliste, "Le Roi" (Julliard, 1962). [modifier] Campagne présidentielle en 1974Après le décès soudain de Georges Pompidou le 2 avril 1974, Jacques Chaban-Delmas est candidat aux élections présidentielles de 1974. Il accumule à ce moment-là les malchances :
Lâché par Jacques Chirac et par 43 parlementaires et ministres de l'UDR qui soutiennent la candidature de Valéry Giscard d'Estaing, soutenu froidement par le Premier ministre Pierre Messmer, affaibli par quelques maladresses (en particulier des retournements de position d'André Malraux, qui le soutient, sur un éventuel remplacement du livre par l'audiovisuel à l'école), il voit rapidement ses chances s'effondrer dans les sondages pendant la campagne du premier tour ; Françoise Giroud, qui soutient François Mitterrand, dédaigne de l'attaquer et lui réserve ce mot : « On ne tire pas sur une ambulance » ; en définitive, au premier tour avec ses 15,1 % de suffrages, il est en troisième position, largement distancé par Valéry Giscard d'Estaing qui obtient 32,6 %. Au deuxième tour, il apporte à ce dernier son « soutien conditionnel » contre François Mitterrand. Sa défaite entraîna la naissance du cruel néologisme « se faire chabaniser ». [modifier] Présidence de l'Assemblée nationale en 1978En 1978, un renversement d'alliances et l'appui du président Valéry Giscard d'Estaing lui permet de récupérer le « perchoir », c'est-à-dire la présidence de l'Assemblée nationale, en évinçant Edgar Faure qui l'occupait depuis 1973 et qui avait l'appui du président du RPR, Jacques Chirac, à l'époque très influencé par le tandem Garaud-Juillet. Le Canard enchaîné, montre dans une caricature une ambulance stationnant au pied du « perchoir ». Après les élections législatives de mars 1986, il est contacté discrètement par le président de la République, François Mitterrand, pour devenir Premier ministre du premier gouvernement de cohabitation. Mais l'opposition de Jacques Chirac a fait finalement prévaloir la nomination du président du RPR. En revanche, le 2 avril 1986, un accord avec Jacques Chirac aux frais de Valéry Giscard d'Estaing visant lui aussi le perchoir lui permettra de regagner facilement la présidence de l'Assemblée nationale. Après les législatives de juin 1988, il est le candidat des députés de droite à la présidence de l'Assemblée, mais, avec 268 voix contre 301, il doit céder le perchoir au candidat de la gauche, l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius. [modifier] Le jubilé parlementaire de 1996Le 12 novembre 1996, sur proposition du président Philippe Séguin, il est élu président d'honneur de l'Assemblée nationale par l'acclamation de tous les députés réunis dans l'hémicycle, à l'occasion d'un hommage solennel à l'occasion des cinquante ans de sa vie parlementaire. [modifier] Mariages et descendanceEn 1933, Jacques Chaban-Delmas entre en tant que journaliste stagiaire à L'information économique et financière tout en suivant les cours de Sciences Po et de la faculté de droit. En 1939, il épouse Odette Hamelin, la fille du fondateur du journal, dont il divorce. Ils ont trois enfants : Clotilde, née en janvier 1940[4], Christian et Valérie. Avant la guerre, Jacques Chaban-Delmas joue au tennis avec Marie-Antoinette Îon. Ils se retrouvent à Londres en 1943[5]. Au début de l'année 1945, Jacques déserte le domicile conjugal pour aller retrouver Marie-Antoinette Ion. Il se remarie finalement le 23 mai 1947 avec cette « petite blonde plantureuse aux yeux verts, d'origines franco-roumaines, toujours très coquette. Outre son élégance un peu convenue, on souligne son bon goût classique, la qualité de ses conseils et la sûreté de son jugement sur les êtres »[6] Ils ont un fils, Jacques, né le 6 août 1949, marié à Diane de Oliveira Cezar y Guernier[7], le 24 juin 1972. Jacques Chaban-Delmas, veuf, se remarie le 24 septembre 1971, alors qu'il est premier ministre, avec Micheline Chevalet, que son ami François Mitterrand lui a présentée. [modifier] SportsLe Stade du Parc Lescure qui accueille principalement l'équipe de football des Girondins de Bordeaux porte désormais son nom. [modifier] TennisIl pratiqua le sport à haut niveau, et fut notamment :
(il a été licencié au Racing club de France section tennis dès l'avant-guerre) Ère "Open" : parcours en double dans les tournois du Grand Chelem
A gauche, le stade de la compétition atteint et le nom du partenaire ; à droite les ultimes adversaires.
[modifier] RugbyIl fut en outre international français de rugby à XV en juin 1945 (une seule sélection, contre l'équipe du British Empire Service, à Richmond… alors qu'il est général depuis un an !), étant licencié au Club athlétique des Sports Généraux (CASG), puis au C.A. Bèglais (banlieue de Bordeaux) au poste de trois-quarts aile gauche. [modifier] Fonctions politiques[modifier] Mandats électifs
[modifier] Fonctions gouvernementales
[modifier] Autres fonctions exécutives
[modifier] Œuvres
[modifier] Décorations
[modifier] Notes, sources et références
[modifier] Bibliographie
[modifier] Filmographie
[modifier] Liens externes
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