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Garry Kasparov
Garry Kimovitch Kasparov (13 avril 1963 à Bakou, URSS (aujourd'hui en Azerbaïdjan) - ) a été jusqu'en 2005 un joueur d'échecs, considéré par beaucoup comme le meilleur joueur de tous les temps. Il a obtenu le classement Elo le plus élevé jamais enregistré, étant notamment le premier joueur à dépasser les 2 800 points[1]. Il est surnommé « l'ogre de Bakou » et « le monstre aux cent yeux qui voient tout ». Il est également engagé politiquement dans l'opposition à Vladimir Poutine[2].
[modifier] BiographieGarik Kimovitch Weinstein est né d'un père juif, Kim Moiseyevitch Weinstein décédé en 1970, et d'une mère d'origine arménienne, Klara Chagenovna Kasparian. Il reprend ensuite le nom de sa mère en le russifiant, devenant Garry Kasparov. Il a trois enfants : Polina (née en 1993 de sa première épouse, Macha), Vadim (né en 1997, de sa deuxième épouse Julia) et Aida (née en 2006, de sa troisième épouse Dacha). [modifier] Formation aux échecsEn 1973, recommandé par Alexandre Nikitine, il entre à l'école Botvinnik, la meilleure école de formation aux échecs d'URSS. Il suit les cours de Mikhaïl Botvinnik, ancien champion du monde, de Nikitine, et de Mark Dvoretsky, spécialiste des fins de parties. D'autres maîtres ont contribué à sa formation comme Alexandre Ivanovitch Chakarov, entre autres dans le domaine des ouvertures. Au fil des années, lors de ses passes d'armes pour le championnat du monde, il sera aidé d'une équipe de secondants comme Iossif Dorfman, Zurab Azmaiparashvili, Sergey Dolmatov, Evgueni Vladimirov et Iouri Dokoyan. En 1979, à l'âge de 16 ans et encore inconnu en Occident, il remporte de façon inattendue son premier tournoi international de grands maîtres à Banja Luka en Yougoslavie, terminant invaincu à 11,5/15 devant de grands noms de l'époque comme Tigran Petrossian, András Adorján, Jan Smejkal et Ulf Andersson. En 1980, il remporte le championnat du monde junior et obtient le titre de grand maître international, l'année suivante il remporte le prestigieux championnat d'URSS. En 1982, il sort vainqueur du tournoi international de Bugojno et de l'interzonal de Moscou et entre ainsi dans le cycle des candidats au championnat du monde. Dans ce cycle, il élimine successivement Alexander Beliavsky (+4 -1 =4), Viktor Kortchnoï (+4 -1 =6) et Vassily Smyslov (+4 =9). [modifier] Carrière mondialeIl dispute sa première finale de championnat du monde en 1984 à Moscou contre Anatoli Karpov, le champion du monde en titre depuis 1975. Après 5 mois et 48 parties, aucun des deux joueurs ne parvenant à obtenir les 6 victoires nécessaires, ce match interminable est finalement interrompu par la Fédération internationale des échecs (FIDE) pour préserver la santé des joueurs. Cette interruption est critiquée par Kasparov alors qu'il était mené 5-3 après avoir été mené 5-0. Les éditions ultérieures prévoiront un maximum de 24 parties. C'est en 1985, lors du deuxième match contre Karpov, qu'il devient champion du monde, à l'âge de 22 ans sur le score de 13-11 (+5 =16 -3). Il garde son titre, toujours contre Karpov, en 1986 à Londres et Léningrad (+5 =15 -4), 1987 à Séville (+4 =16 -4), et en 1990 à New York et Lyon (+4 =15 -3). En septembre 1993, Kasparov l'emporte sur Nigel Short par le score de 12,5-7,5 (+6 =13 -1) dans le cadre d'un championnat du monde organisé par la PCA, organisme non reconnu par la FIDE, ce qui lui vaut une exclusion provisoire. En 1995, il conserve ce titre en battant l'Indien Viswanathan Anand au World Trade Center à New York (+4 =13 -1). De juin à octobre 1999, il joue une partie via Internet contre le reste du monde, au rythme de un coup par jour. Face à lui, 50 000 joueurs de 75 pays, conseillés par quatre joueurs professionels, dont Étienne Bacrot. Il gagne en 62 coups[3]. En juillet 1999, Kasparov atteint le plus haut classement Elo de tous les temps avec 2 851 points. Indépendamment du titre de champion du monde, il est resté n°1 mondial au classement Elo de la FIDE de 1984 jusqu'à sa retraite en 2006, soit pendant plus de 20 années consécutives, partageant seulement la première place avec Vladimir Kramnik au classement de janvier 1996[4]. Après avoir annoncé un match contre Anand en 1999, c'est finalement contre Kramnik qu'il défend son titre en 2000 à Londres. De façon inattendue, il perd (-2 =13). Il multiplie les victoires en tournoi, malgré quelques contre-performances passagères en 2004. Le 11 mars 2005, après avoir gagné le prestigieux tournoi de Linares pour la neuvième fois de sa carrière, il annonce qu'il se retire du monde des échecs professionnels. Il a été rayé du classement Elo en avril 2006 suite à une inactivité de plus d'un an, comme le veut le règlement FIDE. Kasparov a également écrit plusieurs ouvrages échiquéens dont Et le fou devint roi (1987) et Sur mes grands prédécesseurs, en 5 tomes. [modifier] Dissensions dans le monde des échecsEn 1986, il estime que les intérêts des joueurs professionnels ne sont pas défendus au sein de la FIDE, et crée alors avec Bessel Kok une association de joueurs professionnels de haut niveau, la GMA (Grand Master Association), celle-ci organisera des compétitions prestigieuses comme les tournois de la World Cup. Des dissensions internes au sein de l'association et la création de la PCA auront raison d'elle au début des années 1990[5]. En 1993, il fonde la PCA (Professional Chess Association) avec le vainqueur du tournoi des candidats FIDE, le Britannique Nigel Short[6]. En septembre, la PCA organise à Londres un championnat du monde dit « classique » en se revendiquant de la tradition commencée par Wilhelm Steinitz. La FIDE ne reconnaît pas ce match et considère que les deux joueurs se sont exclus du cycle, et organise un match entre Anatoly Karpov et Jan Timman pour le titre de Champion du Monde FIDE. C'est le début d'un schisme qui durera jusqu'en 2006. Kasparov admettra plus tard que cette séparation d'avec la FIDE était une grave erreur[5]. La FIDE exclura brièvement Kasparov et Short du classement Elo à titre de représailles mais les réintègre avant la fin de l'année. Suite au retrait du sponsor principal de la PCA en 1996 (Intel), l'organisation du championnat du monde sera transférée à l'éphémère World Chess Council en 1998, les droits seront revendus ensuite à une organisation privée, Brain Games Network en 2000, puis rachetés en 2002 par le Einstein Group et finalement transférés à Dannemann en 2004. En 1998, Alexeï Shirov bat Vladimir Kramnik dans un match de 10 parties (+2 =7), mais Kasparov estime qu'il n'est pas possible de trouver de sponsor pour un match contre Shirov, et après avoir annoncé un match contre Anand en 1999, c'est finalement contre Kramnik qu'il défend son titre en 2000 à Londres. Entre 2000 et 2005, les diverses tentatives pour réunifier le titre mondial (dont la plus sérieuse est l'accord de Prague en 2002) ou organiser un match-revanche contre Kramnik échouent. [modifier] Kasparov contre les ordinateursEn 1989, Kasparov défait facilement Deep Thought, un superordinateur spécialisé dans le jeu d'échecs et capable de calculer 720 000 coups par seconde, par le score sans appel de 2-0. En février 1996, il affronte Deep Blue, développé par Feng-hsiung Hsu à IBM en six parties, perd la première partie du match, mais en gagne trois ensuite et annule les autres. En mai 1997, il perd le match revanche contre Deeper Blue, c'est la première fois qu'un ordinateur bat officiellement un champion du monde en match singulier à cadence normale de compétition. Deeper Blue était capable de calculer de 100 millions à 300 millions de coups par seconde, et défait Kasparov 3,5 à 2,5 dans un match de 6 parties. En janvier 2003, il affronte Deep Junior, un programme qui tourne sur un micro-ordinateur multiprocesseur, dans un match de championnat du monde homme-machine sous les auspices de la FIDE, avec une bourse de 1 million USD[7], le match se solde par un nul 3-3 (+1 -1 =4) En novembre 2003, il joue un match de quatre parties contre le programme X3D Fritz, dont le classement est estimé à 2807, en utilisant un échiquier virtuel, des lunettes stéréoscopiques et un système de reconnaissance de la parole. Le match se solde à nouveau par un nul (+1 -1 =2) et Kasparov emporte la bourse de 175 000 USD [modifier] Engagement politiqueEn 1987, il est élu au Komsomol, organisation de jeunesse du Parti communiste de l'Union soviétique. Il quitte le parti en 1990, soutient Boris Eltsine au nom du Parti démocratique de Russie, et est décoré du Keeper of the Flame award, décerné par le think-tank Center for Security Policy, proche des milieux néoconservateurs américains. Il a entretenu des liens avec des think-tanks de la même obédience, comme l'Institut Hudson[8]. Kasparov poursuit une carrière politique en Russie. Fondateur du Front civique unifié, il est l'un des chefs du mouvement L'Autre Russie, une coalition d'opposants à Vladimir Poutine. Il a été notamment brièvement interpellé lors d'une manifestation du mouvement à Moscou le 14 avril 2007[9]. Il a été arrêté une nouvelle fois le 24 novembre 2007 lors d'une manifestation à Moscou contre la tenue le 2 décembre 2007 d'élections législatives russes qu'il juge « injustes »[2], et condamné en comparution immédiate à cinq jours d'emprisonnement pour manifestation non autorisée et refus d'obéir aux ordres de la police. Son avocate, Me Mikhaïlova a précisé qu'elle avait déposé plainte contre cette arrestation arbitraire. « Notre but est le démantèlement de ce régime qui couvre le pays de honte et le déteste (...) Nous allons sortir de ce marécage de corruption et de mensonge et nous gagnerons ! », avait lancé à la foule Garry Kasparov peu avant son interpellation[10],[11]. Depuis son engagement politique en opposition contre le président, Garry Kasparov se dit inquiet pour sa vie. Il a par exemple en permanence cinq gardes du corps et ne voyage plus avec la compagnie Aeroflot[12]. Kasparov est également un des défenseurs de la Nouvelle Chronologie de l'académicien russe Anatoli Fomenko[13]. Le 30 septembre 2007 il est désigné comme le candidat du mouvement d'opposition L'Autre Russie à l'élection présidentielle de 2008 en Russie[14]. Le 12 décembre 2007, il annonce son retrait de la course à la présidence, s'estimant victime d'ostracisme[15]. Le 18 janvier 2008, Kasparov publie dans Le Monde un article dans lequel il critique durement la complaisance de Nicolas Sarkozy envers Vladimir Poutine et les dangers que celle-ci présente à ses yeux[16]. Le 19 août 2008, Gary Kasparov, Boris Nemtsov et d'autres personnalités de l'opposition, dénoncent « la décision aventuriste » du président Dmitri Medvedev de lancer une invasion de la Géorgie au-delà de l'Ossétie du Sud. Elle risque selon eux d'isoler la Russie sur la scène internationale[17]. [modifier] Exemple de partieLa partie Kasparov-Topalov, jouée au tournoi de Wijk aan Zee en 1999, montre une de ses meilleures combinaisons. Quand on demanda à Kasparov quelle était sa meilleure partie, il a cité cette partie, bien que, si Topalov avait joué au mieux, il semble que le remarquable sacrifice de Tour de Kasparov au 24e coup lui aurait seulement assuré le partage du point. 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 g6 4.Fe3 Fg7 5.Dd2 c6 6.f3 b5 7.Cge2 Cbd7 8.Fh6 Fxh6 9.Dxh6 Fb7 10.a3 e5 11.0-0-0 De7 12.Rb1 a6 13.Cc1 0-0-0 14.Cb3 exd4 15.Txd4 c5 16.Td1 Cb6 17.g3 Rb8 18.Ca5 Fa8 19.Fh3 d5 20.Df4+ Ra7 21.The1 d4 22.Cd5 Cbxd5 23.exd5 Dd6 (voir diagramme) 24.Txd4! cxd4 25.Te7+! Rb6 (Dxe7? 26.Dxd4+ Rb8 27.Db6+ suivi de mat) 26.Dxd4+ Rxa5 27.b4+ Ra4 28.Dc3 Dxd5 29.Ta7 Fb7 30.Txb7 Dc4 (la menace des Blancs était Ff1 suivi de Fxb5) 31.Dxf6 Rxa3 32.Dxa6+ Rxb4 33.c3+! Rxc3 34.Da1+ Rd2 35.Db2+ Rd1 36.Ff1! Td2 (Dxf1 37.Dc2+ suivi de mat) 37.Td7! Txd7 38.Fxc4 bxc4 39.Dxh8 Td3 40.Da8 c3 41.Da4+ Re1 42.f4 f5 43.Rc1 Td2 44.Da7 1-0 [modifier] Incidents de jeuEn 1983, le match des candidats contre Viktor Kortchnoï aurait dû se dérouler initialement à Pasadena en Californie sous les auspices de la FIDE. Cependant, les autorités soviétiques refusent de laisser Kasparov se rendre aux États-Unis et la FIDE le déclare perdant par forfait. Le président de la FIDE, Florencio Campomanes, parvient cependant à organiser le match à Londres, avec l'accord de Kortchnoï[18]. En 1994, au tournoi de Linares, dans une partie qui l'oppose à Judit Polgar il joue un coup de cavalier (36...Cc5? qui perd sur 37.Fc6) pour le reprendre aussitôt et jouer 36...Cf8[19], ce qui est contraire aux règles du jeu. Judit Polgar ne proteste pas, croyant qu'il n'y avait pas de témoins. L'incident a cependant été filmé[20]. En 2003, à Linares, il est dans une position désespérée face au jeune Teimour Radjabov, et plutôt que d'abandonner et de serrer la main de son adversaire comme c'est l'usage, il préfère quitter l'aire de jeu et perdre au temps[21]. Il crée un nouvel incident lors de la cérémonie de clôture, alors que le prix de beauté est décerné à Radjabov[22]. Ainsi, tout en critiquant durement son attitude lors de la cérémonie, de nombreux grands maîtres de premier plan reconnaissent[réf. nécessaire] le caractère controversé de ce prix et pensent que la raison principale est la défaite de Kasparov face à un jeune homme de quinze ans. En 2004, toujours à Linares, il quitte l'aire de jeu sans autorisation pendant une partie pour se rendre dans sa chambre d'hôtel afin, dit-il, de prendre des médicaments[23]. [modifier] Œuvres
[modifier] Voir aussi[modifier] Bibliographie
[modifier] Notes et références
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