Forcalquier

Ne doit pas être confondu avec Forcalqueiret.

43°57′36″N 5°46′50″E / 43.96, 5.78056

Forcalquier

Pays
drapeau de la France
     France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence Alpes-de-Haute-Provence
(sous-préfecture)
Arrondissement Forcalquier
(chef-lieu)
Canton Forcalquier
(chef-lieu)
Code Insee 04088
Code postal 04300
Maire
Mandat en cours
Christophe Castaner (PS)
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure
Coordonnées
géographiques
43° 57′ 36″ Nord
         5° 46′ 50″ Est
/ 43.96, 5.78055555556
Altitudes moyenne : 550 m
minimale : 397 m
maximale : 911 m
Superficie 42,76 km² (4 276 ha)
Population sans
doubles comptes
4 650 hab.
(2004)
Densité 108,7 hab./km²
Carte de localisation de Forcalquier

Forcalquier (en occitan provençal: [fuʀkɔwˈkje], écrit Forcauquier selon la norme classique ou Fourcauquié selon la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Forcalquiéren(ne)s[1].

La petite ville a, pour devise, « Pus aut que les Aup » (« plus haut que les Alpes »)[2] et, pour surnoms, la « Cité des quatre reines »[3] ou encore la « Cité comtale ».

Forcalquier est la cinquième ville du département après Chateau-Arnoux-Saint-Auban mais avant Oraison.

Sommaire

[modifier] Géographie

Vue générale de Forcalquier.
Vue générale de Forcalquier.

[modifier] Localisation

Forcalquier est situé entre la montagne de Lure et le Luberon, au bord de la Via Domitia , à l'ouest des Alpes-de-Haute-Provence, en Haute-Provence, dans le Pays de Forcalquier.

L'altitude moyenne de la ville est de 550 mètres[4].

Forcalquier se situe à proximité de Gap (au nord, 96 km)[5], d'Avignon (à l'ouest, 95 km)[5], de Manosque (23 km)[5], d’Aix-en-Provence (81 km)[5] et de Marseille (109 km) (au sud)[5] et de Digne-les-Bains (à l'est, à 49 km)[5].

[modifier] Accès et transports

[modifier] Transports

La ville est accessible uniquement par voie routière, les routes principales mènent à Avignon, Digne-les-Bains et Aix-en-Provence. La ville est connecté aux réseaux d'autocars départementaux et régionaux qui desservent de multiples villes comme Aix-en-Provence, Marseille, Manosque, Avignon...et les communes alentours.

[modifier] Voies routières

La ville de Forcalquier n'est pas desservie par l'autoroute mais elle est reliée directement par la D4100 à l'A51 (échangeur n°36 à La Brillanne situé à 10 km). La route départementale D4100 traverse la commune plus ou moins en son milieu sur un axe est-ouest.

[modifier] Accès

De Forcalquier part une piste cyclable d'une centaine de kilomètres qui rejoint Cavaillon, en passant par Apt.

La commune est traversée par le GR6 et le GR653D.

[modifier] Relief

Forcalquier est une ville historique bâtie selon un plan semi-concentrique sur le versant d'une colline, autour de la Citadelle, ensemble de fortifications surmonté par la chapelle Notre-Dame-de-Provence.

Sous la Citadelle, il y a la vieille ville, faite de ruelles et de places souvent étroites et dont certaines demeures remontent au XIVe siècle. Aujourd'hui, certaines maisons, trop vétustes, sont abandonnées au profit de pavillons modernes qui étendent la surface de l'agglomération.

[modifier] Géologie[6]

Les évènements géologiques suivant ne concernent que les deux grands sites représentatifs de cette période dans le bassin de Forcalquier-Manosque :

  • L'Oligocène supérieur : le calcaire des Mourres (-25 millions d'années).
  • Le Stampien supérieur : le calcaire de Vachères de la carrière de Saint-Maime (-31 millions d'années), site du Bois d'Asson.

La phase tectonique pyrénéo-provençale, par des mouvements de compression nord-sud, termine son cycle à la fin de l'Éocène. Ainsi se sont constitués les chaînons provençaux en plis anticlinaux de directions ouest-est, dont fait partie le Luberon et la montagne de Lure, limitant aujourd'hui les bassins de Forcalquier et de Manosque. Le massif pyrénéo-corso-sarde au sud sépare la région de Forcalquier de la mer (Téthys) mais, pendant 12 millions d'années, des passages permettront de faire communiquer cette mer avec les grands lacs oligocènes.

L'Oligocène se caractérise, au contraire, par une période distensive majeure à l'origine de fossés d'effondrements dans la région, s'intégrant dans l'ensemble des rifts oligocènes périalpins (Limagne, Bresse, Dauphiné, et la Camargue). L'accident médiodurancien (qui se situe approximativement à l'ouest du lit de la Durance actuelle) fonctionne alors en faille normale. A l'ouest de cette faille, une vaste zone de subsidence génère un bassin sédimentaire laguno-lacustre, le bassin d'Apt-Forcalquier-Manosque, qui s'étendait sur 150 kilomètres jusqu'à la faille actuelle d'Alès, bordée par le horst des Cévennes. A l'est, au niveau de la faille de la Durance, un horst occupe la zone du futur bassin mio-pliocène de Digne-Valensole (actuel plateau de Valensole). Cette subsidence est maximale au niveau de la vallée du Lauzon (à l'est de Forcalquier et à l'aplomb de la faille de la Durance), où l'épaisseur de la série oligocène atteint plus de 2 000 mètres.

Cette grande fosse avait une taille d'environ 10 sur 15 kilomètres. Dans la partie centrale de ce graben, de nombreuses failles synsédimentaires créent toute une série de horsts et grabens dans lesquels sont piégés les sédiments (notamment au niveau de Manosque et le champ de fractures de Banon).

Au début de l'Oligocène, le fonctionnement du fossé d'effondrement se caractérise par des dépôts d'évaporites (gypse, soufre, sel dont l'épaisseur va jusqu'à 800 mètres à Manosque, sous la forêt de Pélissier), sous un climat aride. Tandis que les formations laguno-lacustres ont dominées à l'ouest de ce bassin , dans des zones plus calmes et peu profondes, elles passent à une série essentiellement détritique fluviatile à l'Est sur 8 à 10 kilomètres de large, parallèle à la faille durancienne. Dans les faciès carbonatés, d'origine palustre ou lacustre, se présentent des calcaires massifs, en petits bancs, et parfois constitués de feuillets d'échelle millimétrique appelés laminites, les plus riches en fossiles (carrière de Saint-Maime). Des dépôts organiques y sont fréquents, donnant des lignites, des schistes bitumineux et de pétrole.

Les faciès détritiques fluviatiles ont une double origine : l'érosion du continent corso-sarde au sud (marnes de Viens) et l'érosion alpine au nord-est (marnes de Caseneuve et de la tuilerie de Manosque).

Des faciès duranciens méga-détritiques (mégabrèches et klippes sédimentaires ayant parfois la taille du kilomètre) sont le résultat d'écoulements ou de glissements de boues et de blocs du néocomien, arrachés au horst de Valensole, et qui se retrouvent dans des sédiments détritiques de l'Oligocène supérieur (exemples bien visibles sur la petite route de Forcalquier à Villeneuve).

Deux étages de l'Oligocène seront plus particulièrement considérés compte tenu de leur importance et des exemples géologiques étudiés:

[modifier] Le Stampien

C'est une région de grands lacs avec un climat tropical dominant:

-Carrière de Saint-Maime Cette période se caractérise par la succession d'événements suivants :

1. Une sédimentation calcaire plus ou moins bitumineuse ou schisteuse.

2. Pas de vrai cycle sédimentaire par la suite avec, de la base au sommet, la série stratigraphique suivante :

- des calcaires

- des sables et des marnes

- des évaporites (gypse)

- des schistes bitumineux (en fait des calcaires imprégnés d'hydrocarbures)

- des calcaires épais

3. L'existence de plusieurs dizaines de couches de lignite épais et bitumineux, noyés dans tous les types de sédiments précédents.

4. L'existence de soufre sédimentaire en relation avec des gypses (périodes lagunaires avec apports épisodiques d'eau de mer de la Téthys).

5. Un climat subtropical, voire méditerranéen par moment (confer les fossiles de la carrière de St Maime), constituant des conditions particulièrement favorables à la décomposition organique générant des sédimentations d'origines biochimiques végétales (lignite) ou animales (schistes et calcaires bitumineux) que l'on rencontre particulièrement à la carrière de Saint-Maime au bois d'Asson dans le Stampien supérieur.

Ces constats peuvent attester d'une correspondance fréquente entre le lac et la mer par des mises en communication temporaires des lac avec la Téthys dues probablement à des passages autorisés par les déchirures du massif corso-sarde encore émergé. Toutefois la salinité de ces eaux est toujours restée assez faible (on ne trouve pas de fossiles franchement marins dans le Stampien de Forcalquier/Manosque). Par le climat subtropical, les apports d'eau douce étaient très important.

[modifier] L'Oligocène supérieur

Il se caractérise par un faciès détritique général dont la sédimentation se retrouve aussi bien au sud de la montagne de Lure (bord du lac de l'époque) qu'au nord du Luberon actuel. Tandis que se poursuit un climat chaud et humide, il y a une disparition des faciès bitumineux et absence de gypse et de soufre (plus d'apports d'eau de mer probablement).

Le lac de Forcalquier se sépare de celui de Manosque, avec un régime de sédimentation singulier : c'est ainsi que dans la région actuelle des Mourres (Nord de Forcalquier), des édifices rocheux originaux résultent d'une stabilisation de carbonates de calcium par des îlots de végétation de type herbier qui occupaient ce lac marécageux.

Les séries de cette période oligocène évoluent finalement vers des milieux dont la salinité augmente ; elles annoncent la période miocène qui suivra et qui sera la dernière transgression marine régionale.

L'orogénèse alpine reprend au Mio-pliocène, elle est à l'origine des déformations constatées sur la série oligocène (et miocène) régionales et de la structure en bassin synclinal du sous sol de Forcalquier (puis, au sud, de l'anticlinal du Luberon, ici le col de la mort d'Imbert). Au pliocène, par une inversion de la faille de la Durance qui joue en faille inverse et longitudinale, le fleuve comblera le bassin d'effondrement de Valensole de plusieurs centaines de mètres de galets arrachés aux Alpes. Les jeux de l'érosion actuelle dégagerons le plateau de Valensole, les pénitents de Mées, et les paysages en cuestas de Forcalquier, bien visibles des Mourres.

[modifier] Communes voisines

Ongles Fontienne Sigonce
Limans N Pierrerue,
Niozelles
O    Forcalquier    E
S
Mane Saint-Maime,
Dauphin
Villeneuve
Enclave: {{{enclave}}}

[modifier] Hydrographie

La commune de Forcalquier est traversée par trois rivières : le Beveron[7], le Viou et la Laye. Aucune ne traverse le centre de la ville. Forcalquier est bordée d'un barrage sur la Laye servant pour l'agriculture et à la distribution de l'eau pour les habitants du Pays de Forcalquier. Il est situé sur les communes de Forcalquier, de Mane et de Limans.

[modifier] Climat

Forcalquier est soumis à un climat méditerranéen d'intérieur, très semblable à celui que l'on trouve dans le reste de la Provence à basse altitude. Les hivers sont frais, avec des gelées fréquentes, tandis que les étés sont très chauds et secs, avec quelquefois des orages.

Mois Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. Année
Températures maximales moyennes (°C) 8,4 10,4 13,5 16,8 20,9 24,9 29,0 28,4 24,6 19,2 12,8 9,1 18,2
Températures minimales moyennes (°C) -0,4 0,5 2,3 5,2 8,4 12,0 14,8 14,3 11,7 7,8 3,2 0,4 6,7
Températures moyennes (°C) 4,0 5,4 7,9 11,0 14,7 18,5 21,9 21,3 18,1 13,5 8,0 4,8 12,4
Ensoleillement (h) 155,8 155,9 209,9 225,2 256,7 291,8 343,0 312,8 250,5 205,5 161,3 154,4 2755,5
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 51,8 58,2 58,0 67,2 73,4 61,3 40,7 61,3 59,3 81,5 64,6 58,8 735,8
Source : Archives climatologiques mensuelles - Saint-Auban (1961-1990)

[modifier] Étymologie

Selon Ernest Nègre, le toponyme Forcalquier (in castro Furnocalcario en 1018-32, castel de Fornchalcerii vers 1103) provient de l’association des termes occitans forn, four, et calquièr, littéralement « four calcaire », mais qu’il faut comprendre au sens étymologique « à chaux » (calx, chaux ; calcarius, de chaux, à chaux)[8].

D’après Jean-Yves Royer, se basant sur des formes anciennes du nom, signifie « la fontaine du rocher » (Font Calquier)[9].

[modifier] Histoire

[modifier] Antiquité

La région de Forcalquier a connu très tôt une occupation humaine où les Celtes se mêlèrent aux Ligures implantés dès le Xe siècle av. J.-C. Ces peuplent élurent domicile sur les éminences, comme en témoignent de nombreux oppida (la Via Domitia par exemple).

Avec la colonisation romaine, ce sont, en revanche, les plaines et les grands axes de communication qui sont privilégiés.

[modifier] Moyen Âge

Une agglomération très petite (hameau ou village) se constitue au VIIe siècle sur une butte. L’église Saint-Promasse et une villa agricole existent à cette époque. Au IXe siècle ou au Xe siècle, un château important y est construit : il est assez sûr pour accueillir les reliques de saint Marius (ou Mary) et les mettre à l’abri des Sarrasins[10]. L’agglomération apparaît dans les chartes pour la première fois en 1004 (Forcalchiero)[11]. En 1060, l’évêque de Sisteron Géraud Chevrier ne peut entrer après son élection dans sa ville, et se réfugie à Forcalquier. Il élève alors l’église Saint-Mary au rang de concathédrale. Urbain II y séjourne le 7 août 1096, en revenant de son prêche pour la première croisade.

Au milieu du Moyen Âge, Forcalquier était une possession des comtes de Provence, qui échut au comte Foulques Bertrand, qui s’intitula comte de Forcalquier et fit de Forcalquier sa ville principale. Au XIIe siècle, le comté de Provence, possession indivise entre plusieurs comtes, fut partagée et l'une des trois parties revint à la comtesse Adélaïde, veuve d'un comte d'Urgel, qui prend le titre de comtesse en 1110[12].

Icône de détail Article détaillé : Liste des comtes de Forcalquier.
Partage de la Provence au XIIe siècle entre comté et marquisat de Provence et comté de Forcalquier
Partage de la Provence au XIIe siècle entre comté et marquisat de Provence et comté de Forcalquier

Pendant plus d'un siècle, les comtes de Forcalquier font de leur ville la capitale d’un État indépendant, avec ses souverains, ses lois, sa monnaie. Le Xlle siècle est l'âge d'or du Pays de Forcalquier, comme en témoignent les nombreux édifices romans de la région. En 1125, Forcalquier devient la capitale du comté qui comprenait les diocèses d'Apt, de Sisteron et une partie de ceux de Gap et d'Embrun.

Le mariage de Gersende de Sabran et d’Alphonse II de Provence allie finalement les maisons comtales de Forcalquier et de Provence, et Forcalquier devient une de leurs résidences. Après la crise économique et démographique du Xllle siècle, Forcalquier souffre des passages de Charles de Duras et de Raymond de Turenne.

Le siècle suivant est marqué par les grandes épidémies de peste. Faute d'héritier au dernier comte de Provence, le roi René. En 1214, le comté est réuni à la France, mais le titre de comte de Forcalquier est porté par les comtes de Provence et ensuite les rois de France jusqu'à Louis XVIII. Le rattachement a lieu en 1481 : Louis XI hérite du comté, mais doit assiéger Forcalquier, qui résiste trois semaines avant de tomber le 21 juillet, puis mise à sac[13].

[modifier] La Charte de commune

Forcalquier avait déjà des privilèges et exemption de taxes, depuis que le comte Guillaume IV de Forcalquier en difficultés face au marquis de Provence et au comte de Toulouse lui avaient accordés, le 26 mai 1206[14]. Ces privilèges furent par la suite confirmés et étendus :

  • en 1217, Raimond Bérenger IV de Provence leur leur confirme leurs exemptions et leur donne en supplément le droit de vendre leur vin toute l’année (au lieu de devoir attendre que le comte ait vendu le sien comme auparavant)[15] ;
  • en 1225, le même limite le droit de cavalcade à la Durance, ce qui limite l’aide militaire due par les Forcalquiérens à une défense de leur propre terroir[16] ;
  • en 1229, il oblige certains commerçants à passer par Forcalquier au lieu de prendre la route directe par Manosque. De plus, tout le commerce entre la Basse-Provence et le comté de Forcalquier devra passer par Peyruis et Forcalquier ; les anciennes routes par Cadarache et Les Mées, ou par Digne sont interdites, ce qui assure la prospérité de l’axe utilisant la rive droite de la Durance[17].

Ces droits sont considérablement étendus à la fin du XIVe siècle. Après l’assassinat de la reine Jeanne de Naples par Charles de Duras, la Provence est en pleine guerre de succession. La reine Marie, veuve de Louis d’Anjou, accorde des chartes de commune aux villes du comté pour financer sa guerre. Forcalquier obtient la sienne le 23 juin 1385[18]. Elle donne une très grande autonomie à la ville :

  • les droits antérieurs sont confirmés (garde des clefs de la ville, notamment) ;
  • le conseil a une compétence générale (il est libre de délibérer de tout sujet) et sans tutelle ;
  • les principaux domaines relevant du conseil municipal sont toutefois définis : police et défense de la ville, santé publique, écoles ; monopole sur la boucherie et la boulangerie, et droit d’affermer ce monopole annuellement ; berger municipal pour chaque type de troupeau, sauf pour les moutons ;
  • tous les citoyens, y compris les Juifs, ont les mêmes droits.

Le droit de vote n’est pas donné à tous les hommes libres, mais le collège électoral peut rassembler près de 75 % des chefs de feu. Tous les titulaires de charge, notamment les syndics (maires), sont réélus tous les ans, avec inéligibilité à leur sortie de charge[19].

Cette charte est ensuite précisée, notamment en 1452, quand sont définis comme citoyens les hommes libres ayant les deux tiers de leurs biens à Forcalquier et passant les fêtes[20]. La ville profite des difficultés financières de François Ier pour racheter les derniers droits féodaux en 1521[21].

[modifier] La légende des Quatre reines

Forcalquier fut, aux XIIe et XIIIe siècles, la capitale d'un comté puissant. L'un de ces comtes, Raymond Bérenger V, eut quatre filles qu'il maria toutes quatre à des rois :

Filles d'un comte de Forcalquier aux possessions très étendues, il est très probable que ces quatre reines ne sont probablement jamais venues à Forcalquier[22].

[modifier] Du XVIe au XVIIIe siècles : les Temps modernes

Pendant les guerres de religion, la ville reste majoritairement catholique, mais avec une partie non négligeable de la population qui se convertit au protestantisme. Quelques troubles se produisent : rixes, destructions d’oratoires. Les troubles majeurs y commencent par l’assassinat du consul Antoine Amalric et de son fils, sur la route d’Aix, puis, le 12 juin 1562, alors que les Huguenots sont protégés par une garnison protestante, par la mise à sac de la cathédrale et de l’église des Cordeliers[23]. Les protestants quittent rapidement la ville pour aider leurs coreligionnaires de Sisteron, ce qui permet à une armée catholique d’occuper la ville et de mettre à sac les domiciles des protestants. Ceux-ci ne rentrent qu’avec l’édit d'Amboise (1563), qui leur donne le droit de pratiquer leur religion, et qui leur réserve un quart du conseil municipal. Cependant, en 1564, de nouveaux heurts se produisent. En 1567, la ville est prise par les Huguenots, qui l’abandonnent au bout de trois semaines à la demande de la municipalité[24].

Forcalquier est l’une des deux places de sûreté, avec Mérindol, accordées par l’édit de Saint-Germain aux protestants de Provence[25]. La ville est cependant assiégée par les protestants dès 1576, puis en 1580 ; ils reviennent à l’assaut en 1585[26]. Ce sont les catholiques qui assiègent ensuite la ville : le duc d’Épernon en 1587, le duc de La Valette en 1588[27]. En 1601, Henri IV fait raser le château[28]. Le dernier épisode des guerres de religion se situe en 1627.[précision nécessaire]

Après les guerres de religion, Forcalquier connaît, comme le reste de la France, une période de reprise dans le premier tiers du XVIIe siècle, mais perd encore 2000 habitants pendant la peste de 1630. Puis, la ville retrouve une vie tranquille. Elle est le siège d'une sénéchaussée, qui en fait la capitale judiciaire de son ancien comté. Elle en est aussi le centre économique, artisanal et culturel. À la fin de l’Ancien Régime, Mane et Céreste ont des faïenceries à la production originale, mais éphémère.

Forcalquier est le siège d’une viguerie jusqu’à la Révolution française[29].

[modifier] Révolution française

La société patriotique de la commune fait partie des 21 premières créées dans les Basses-Alpes : elle s’affilie au club des Jacobins de Paris le 22 juin 1792[30]. Le club de Forcalquier accueille une assemblée des sociétés de son district le 7 avril 1793[31]. Le 5 frimaire an III, le représentant en mission Gauthier épure la société[32]. En prairial-ventôse de l'an III de la Révolution française et jusqu’en l'An V, une bande de royalistes, dits « les égorgeurs royaux », sème le trouble dans la ville et le canton d'Oraison, rançonnant les communes et bastonnant les républicains[33]. Le 25 mars 1794, la cathédrale Notre-Dame du Bourguet a été saccagée[34], et le trésor de la cathédrale est envoyé à la fonderie[35].

[modifier] Époque contemporaine

Avec la Révolution, Forcalquier devient chef-lieu de district, puis sous-préfecture sous le Consulat. Le sous-préfet Latourette fait raser les remparts entre 1806 et 1813, remplacés par des boulevards et des avenues[36].

En 1816, l’évêque de Digne, Mgr Miollis, l’évêque des Misérables, rétablit le collège de Forcalquier qui venait d'être transporté à Manosque, et le confie aux Jésuites, qui en font le deuxième collège de France jusqu'en 1828. En 1853, le collège est encore important, mais il décline et finit par être supprimé en 1903.

Forcalquier est un bastion républicain lors de la Deuxième République : c’est l’horloger Escoffier qui fonde la première chambrette (société secrète républicaine en Provence) en 1849, qui essaime rapidement. Des banquets sont organisés le 21 janvier 1850 pour l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, ce qui entraîne le désarmement des garde nationale de Mane et Forcalquier[37]. En 1851, Forcalquier est au centre de la résistance au coup d’État de Napoléon III dans les Basses-Alpes. Le signal de l’insurrection est donné par les Forcalquiérens à la foire de Mane, le 5 décembre[38], le sous-préfet et les gendarmes qui ne se rallient pas sont emprisonnés[39]. Une troupe de 3000 hommes quitte ensuite Forcalquier pour prendre le contrôle de Digne et du département[40]. La répression fut massive.

Forcalquier reste un centre intellectuel. En 1867, l'Athénée littéraire avait été créé. Les Jeux floraux en 1872, les fêtes de l'inauguration de Notre-Dame de Provence en 1875, la fondation de l’École des Alpes en 1876 et les fêtes internationales de la Latinité en 1882, font revivre de grands espoirs.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, l’Armée secrète tente de libérer la ville, le 8 juin. Mais la Wehrmacht reprend la ville d’assaut, qui fait douze morts[41].

Le ciel le plus ensoleillé de France permet à proximité l’installation de l’observatoire de Haute-Provence ; l’aménagement de la Durance renouvelle la vitalité du pays et attire le grand tourisme. Une renaissance culturelle s'amorce.

De nos jours, Forcalquier conserve encore largement son rôle de centre culturel de sa région.

[modifier] Héraldique

Blasonnement :
de gueules à trois pals d'or[42]

Armoiries de Forcalquier

Il s'agit du blason de la maison de Barcelone car Raymond-Bérenger IV, qui concéda ce blason à la ville en 1217, était comte de Barcelone et comte de Provence. Pour le distinguer de celui d'Aix, la capitale, les armes furent brisées en lui enlevant un pal (le blason d'Aix porte d'or à quatre pals de gueules).[43]
Les armoiries sont timbrées d'une couronne comtale et portent en cimier la croix occitane dite aussi croix de Forcalquier.[44]

Au Moyen Âge, les armes des comtes de Forcalquier étaient constituées d’une croix de Toulouse triplement pommetée. Ces armes se retrouvent sur les monnaies du comté de Provence après son union avec le comté de Forcalquier, ainsi que sur les sceaux des comtes. Cette croix n’est plus utilisée à partir du XIIIe siècle[45].

[modifier] Administration et politique

Forcalquier est le chef-lieu du canton représenté par le conseiller général et maire de Villeneuve Jacques Échalon (PS). La commune est attachée à la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence représentée par le député Daniel Spagnou (UMP). Le seul sénateur représentant le département et Forcalquier est Claude Domeizel (PS). Vingt-sept élus siègent au conseil municipal, dont le maire, son premier adjoint et ses sept adjoints. Les élus se répartissent en vingt-trois conseillers PS et Les Verts et quatre élus UMP.

[modifier] Liste des maires successifs



Liste des maires depuis la Libération
Période Identité Parti Qualité
octobre 1947 mars 1965 Léon Espariat SFIO
mars 1965 janvier 1983 Claude Delorme PS député, président du Conseil général
janvier 1983 mars 1983 Pierre Michel PS maire par intérim
mars 1983 mars 1989 Pierre Delmar RPR député, conseiller général
mars 1989 juin 1995 Raymond Franjou PS
juin 1995 mars 2001 Pierre Delmar RPR député, conseiller général
mars 2001 réélu en 2008 Christophe Castaner[47] PS vice-président de la région PACA

[modifier] Conseil municipal




Groupe Président Effectif Statut
PS-Les Verts Christophe Castaner 23 majorité
UMP Georges Fayet 4 opposition

[modifier] Intercommunalités

Logo de la communauté de communes du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure
Logo de la communauté de communes du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure

Forcalquier dépend de la communauté de communes du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure[48] et de l'intercommunalité du Pays de Haute-Provence[49]. Ces deux intercommunalités siègent à Forcalquier. La communauté de communes du Pays de Forcalquier et Montagne de Lure comprend treize communes (Cruis, Fontienne, Lardiers, Saint-Etienne-les-Orgues, Ongles, Sigonce, Niozelles, Pierrerue, Lurs, Revest-Saint-Martin, Limans, Montlaux et bien évidemment Forcalquier) et présidé par Christophe Castaner. L'intercommunalité du Pays de Haute-Provence comprend la partie sud-ouest du département et le plateau de Valensole.

[modifier] Tendances politiques

Au référendum européen sur le traité de Maastricht (scrutin du 20 septembre 1992), sur 2 995 inscrits, 556 ont voté, ce qui représente une participation de 71,92% du total, soit une abstention de 28,08%. Il y a eu une victoire du oui avec 1 106 voix (53,46%) contre 963 voix (46,54%) prononcées non et 85 (3,95%) de votes blancs ou nuls[50].

Au référendum sur la constitution européenne (scrutin du 29 mai 2005), sur 3 128 inscrits, 2 325 ont voté, ce qui représente une participation de 74,33% du total, soit une abstention de 25,67%. Il y a eu une victoire du non avec 1 232 voix (54,68%), 1 021 voix (45,32%) s'étant prononcées pour le oui et 72 (3,10%) étant des votes blancs ou nuls[51].

  • Municipales :
Élections municipales de 2008, Candidats et résultats[52] :
Parti Nom Premier tour
Voix  % Exprimés  % Inscrits Sièges
  PS Christophe Castaner, sortant réélu 1 706 64,45% 49,94% 23
  UMP Jean-Claude Bauza 941 35,55% 27,54% 4
Total exprimés 2 647 - 77,49%
Total votants : exprimés + blancs ou nuls 2 728 - 79,86%
Total inscrits : votants + abstentions 3 416 - 100,00%

À l’élection présidentielle de 2007, le premier tour a vu se démarquer en tête Nicolas Sarkozy (UMP) avec 32,74%, suivi par Ségolène Royal (PS) avec 28,54 % et François Bayrou (UDF) avec 14,55 %, Jean-Marie Le Pen (FN) avec 8,92 %. Aucun autre candidat ne dépasse les 5 %. 352 abstentions sur 3 344 inscrits (9,99%).
Le second tour a vu arriver en tête Nicolas Sarkozy avec 52,76 % (résultat national : 53,06 %) contre 47,21 % pour Ségolène Royal (résultat national : 46,94 %)[53].

Aux élections législatives de juin 2007, les électeurs de la commune, qui fait partie de la deuxième circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, ont voté au second tour pour le maire de la ville Christophe Castaner (PS) avec 52,35% contre 47,65% pour Daniel Spagnou (UMP).Lors de ces élections Daniel Spagnou est réélu député avec environ 54% des voix.[54].

[modifier] Jumelage

[modifier] Enseignement

La commune est rattachée à l'académie d'Aix-Marseille et dispose sur son territoire de :

Un centre de loisir accueille les enfants. La commune possède une crèche. La FCPE et la PEEP sont les deux groupes de parents d'élèves qui agissent sur la commune.

[modifier] Santé

Forcalquier possède un hôpital local nommé Saint-Michel. La commune dispose aussi, de deux maisons de retraite (Saint-Michel et Lou Seren). Huit médecins, trente et trois dentistes et deux pharmacies. De nombreuses associations sont représentées et œuvrent socialement, dont le Rotary Club, la Croix-Rouge française, Les Restos du Cœur, le Secours catholique.

[modifier] Démographie

[modifier] Évolution démographique

Population sous l’Ancien Régime

D’après les dénombrements en feux d’Ancien Régime, convertis selon la méthode d’Édouard Baratier[55]
Date 1299 1311 1315 1340 1350 1433 1471 1698 1716 1760
Population 3542 3675 3795 3795 1897 810 1114 2197 2684 2546


Évolution démographique
(Source : Cassini[56] et INSEE[57])
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 547 2 539 2 768 2 992 3 036 3 022 3 065 3 087 3 053
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 965 2 891 2 727 2 679 2 717 2 766 2 912 2 958 2 955
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 977 3 034 2 961 2 504 2 501 2 556 2 519 2 242 2 601
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 - -
2 518 2 949 3 228 3 650 3 992 4 302 4 650 - -
Nombre retenu à partir de 1968 : population sans doubles comptes
Histogramme
(élaboration graphique par Wikipédia)

[modifier] Structure de la population

Structure de la population à Forcalquier en 1999 en %[58]
Hommes Classe d'âge Femmes
47,1  tout âge  52,9

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