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Fascisme
Le fascisme (en italien fascismo) est un mouvement politique d'origine italienne apparu en 1919. Ce terme, très utilisé, a par la suite pris un sens beaucoup plus large. Il est donc nécessaire de cerner ses différents niveaux d'acception.
[modifier] L'idéologieLe mot vient de l'italien fascio « faisceau », (emblème de l'autorité romaine) repris vers 1919 par les milices squadristes de Mussolini, qui avaient initialement groupé des anciens combattants déçus et épris d'ordre. Il se définit lui-même comme « totalitaire », et peut se résumer par une formule de Mussolini: « Tout pour l'État, tout par l'État, rien hors de l'État ». Au sens le plus strict, il désigne donc le régime de Benito Mussolini. Si historiquement, le nazisme semble proche du fascisme, bien d'autres régimes politiques ont été qualifiés, à tort, de fascistes par leur opposants, comme l'Égypte nassérienne, le régime des Talibans, le stalinisme, le péronisme, etc. Dans le débat politique contemporain, les adhérents à certaines idéologies politiques tendent à associer le fascisme avec leurs ennemis, ou le définissent comme étant l'opposé de leurs propres visions. En son sens large, le fascisme se définit comme une réaction aux valeurs humanistes du siècle des Lumières[réf. nécessaire]. Issu des frustrations engendrées par ce nouveau modèle de société, le fascisme rejette les droits de l'homme, le communisme, l'anarchisme, les libertés individuelles et le libéralisme. Mussolini dans La Doctrine politique et sociale du fascisme, en 1933, affirme :
Les origines du fascisme font l'objet d'un débat parfois âpre parmi les historiens. Pour Zeev Sternhell et ses partisans, l'idéologie fasciste a principalement été forgée en France, entre les années 1880 et 1914, par conjonction entre une radicalisation antidémocratique de certains mouvements d'extrême gauche (notamment le syndicalisme révolutionnaire) avec une nouvelle droite nationaliste, formant la « droite révolutionnaire », dont est issue le fascisme[1]. Pour des auteurs comme Pierre Milza, la Première Guerre mondiale est tout à fait essentielle dans la formation de l'idéologie fasciste, encore qu'il ait nuancé son point de vue en reconnaissant que Sternhell avait partiellement raison en soulignant la parenté entre certains idéologues français d'avant 1914 et les théoriciens du fascisme. Pour Robert O. Paxton, le Ku Klux Klan (KKK) constitue la première forme de mouvement fasciste, ou protofasciste[2], et il rejoint en partie Sternhell sur les origines françaises de l'idéologie. Pour l'historien américain, le fascisme se développe selon cinq phases. Premièrement, des publicistes dissidents, extrémistes de droite méprisant la modération des conservateurs, et anciens extrémistes de gauche reniant la démocratie, forment une critique commune du libéralisme politique, au nom d'une synthèse nationale et sociale. L'idéologie se forme ainsi dans des pays de vieille tradition démocratique, comme la France, et, paradoxalement, un pays où naît l'idéologie fasciste a peu de chance de voir arriver rapidement un parti fasciste au pouvoir. Deuxièmement, ces mouvements, jusque-là marginaux, prennent de l'importance, car ils apparaissent, aux yeux des grands industriels et des grands propriétaires terriens, comme le seul moyen de rétablir l'ordre, notamment contre l'agitation communiste. À ce moment, le fascisme abandonne ses revendications sociales avancées pour un libéralisme économique strict. Troisièmement, le parti fasciste accède au pouvoir. Quatrièmement, le pouvoir fasciste se consolide. La cinquième et dernière phase, de radicalisation, n'a été pleinement accomplie que par le nazisme, avec la Shoah et la création d'espaces où l'État protecteur disparaît absolument : les camps de concentration, et plus encore les camps d'extermination[2]. De nombreux spécialistes affirment que le nazisme est à l'opposé du fascisme, le fascsime ayant pour objectif de créer un état fort, alors que le nazisme a pour but de détruire l'état (justice, armée, police...) et faire détenir les domaines régaliens par le parti et ses dirigeants. Le KKK serait encore une forme différente. Son modèle social est davantage centré sur la nation que sur les individus qui la composent. Il cherche à créer un groupe uni et solidaire, qui ait une identité forte. Pour cela, il faut que cette collectivité partage une histoire et un destin communs et qu'elle se construise sur la volonté de perpétuer son ciment culturel. Il est donc primordial pour les fascistes de préserver l'homogénéité (ethnique, religieuse ou de classe) de cette collectivité nationale. Un autre point caractéristique du fascisme est la prégnance de la hiérarchie sociale : le groupe doit être mené par un chef, surnommé en Italie le Duce (« le Guide »), dont l'autorité ne saurait être remise en question. Excluant tout contre-pouvoir, le fascisme est un système qui se veut totalitaire. Il s'est appuyé sur des groupes de choc, les Chemises noires, qui ont été complètement militarisées après la prise du pouvoir. À la différence d'autres totalitarismes, le fascisme a cherché cependant à obtenir l'adhésion populaire plutôt que de recourir à des méthodes coercitives. Utilisant des techniques comme la démagogie et le populisme, il lui est arrivé d'obtenir un fort soutien populaire et même de maintenir certaines formes démocratiques, comme le suffrage universel (pendant deux années). Tout comme le Führer, Mussolini a été « invité » au pouvoir par l'assentiment des autorités de l'époque avec la célèbre Marche sur Rome. Il s'agit pour cela de mobiliser des valeurs comme le patriotisme, les idéaux de « rénovation » nationale et de pureté. Croire, obéir, combattre deviennent des valeurs, analyser et critiquer de l'insubordination. Il est donc nécessaire de faire naître un sentiment d'urgence, de désigner un ennemi commun cherchant à détruire le collectif et contre lequel le groupe tout entier doit se mobiliser. Cette mobilisation permet de réprimer sévèrement toute contestation sans perdre la caution populaire. Il suffit de désigner l'homme à abattre comme « ennemi », « traître », « sous-homme ». Mais en aucun cas, le fascisme italien n'a pratiqué les massacres de masse de type hitlérien. Le fascisme, à la différence du nazisme, n'était pas raciste à l'origine. Il a adopté une législation raciste à partir de 1935 (interdiction des mariages entre colons et Africaines) et antisémite à partir de 1938, dans un contexte d'alliance avec l'Allemagne d'Hitler. Encore ces lois d'exclusion étaient-elles moins dures, et comportaient-elles beaucoup plus de dérogations que les lois antisémites d'Hitler et de Pétain. [modifier] Les origines du fascisme italienLe fascisme est d'abord le nom que le mouvement et le régime de Mussolini se sont donnés. Le terme provient de la fondation après la Première Guerre mondiale, par Mussolini, d'un mouvement appelé Fasci italiani di combattimento (« faisceaux italiens de combat »), ce qui donnera les expressions « fasciste » et « fascisme ». Le mot fasci lui-même est une référence à la Rome antique (les magistrats romains étaient précédés d'un certain nombre de gardes, les licteurs, chargés de ces faisceaux, symboles d'autorité, de violence de la loi[3].) et aux fascio, mouvements et sociétés secrètes des années 1890, composés de paysans révolutionnaires italiens[4]. Il naît en tant que mouvement décentralisé en mars 1919, sur les frustrations d'une victoire mutilée, Français et Anglais refusant de tenir leurs promesses quant au sort des terres irrédentes de Dalmatie, d'Istrie, de Fiume/Rijeka, mais aussi en réaction au communisme en pleine expansion. Le fascisme est alors le mouvement exalté, le mouvement d'un pays qui tente de retrouver une puissance perdue, un empire perdu, un honneur perdu. Le nationalisme, soutenu par la plupart des artistes de l'époque (Gabriele D'Annunzio, Filippo Tommaso Marinetti, les futuristes italiens...) va être le fer de lance du fascisme. Le populisme de Benito Mussolini et la passivité (dûe à la pacification des milices des fascios), voire le soutien de la population, vont permettre à la dictature de s'installer doucement, de la Marche sur Rome du 22 octobre 1922 à l'assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924 qui va déboucher sur la déclaration de la dictature et la promulgation des lois fascistissimes en 1926. [modifier] Les frustrations de la guerreEn 1914, le royaume d'Italie, membre de la Triple Alliance aux côtés des empires allemand et autrichien, reste d'abord hors de la guerre. Le peuple italien, qui vient de vivre de dures luttes sociales, est pacifiste dans son immense majorité. Benito Mussolini, réputé très radical, est le rédacteur en chef d’Avanti!, le quotidien du Parti socialiste italien. Lorsque la guerre s'étend à l'Europe, il engage soudain son journal pour l'entrée en guerre aux côtés de la France. Exclu du parti socialiste, entrainant une partie de la fraction anarcho-syndicaliste qui voit dans le conflit le point de départ d'une révolution mondiale[5], il fonde le Popolo d'Italia, avec des subsides des services secrets français et du patronat italien. Le Popolo d'Italia milite pour une guerre rédemptrice qui doit régénérer l'Italie. En 1915, l'Italie déclare la guerre à l'Autriche mais le front des Alpes est difficilement tenable et Venise est menacée (défaite de Caporetto, 1917). Cependant, au prix de souffrances inouïes, l'armée italienne remporte la victoire de Vittorio Veneto, qui précipite la défaite et l'éclatement de l'Autriche-Hongrie en octobre 1918. Aux traités de 1919-1920, l'Italie repousse sa frontière jusqu'aux Alpes du Tyrol, mais la côte dalmate, qu'elle considère comme italienne, est donnée à la Serbie pour former un nouvel État, la Yougoslavie. L'opinion italienne est déçue : « tous ces sacrifices pour rien » ; c'est la thématique de la « victoire mutilée ». À la tête de volontaires armés de toutes tendances politiques, le poète Gabriele D'Annunzio occupe Fiume (Rijeka) et y règne plus d'un an. Il y invente un folklore que les fascistes copieront (par exemple le cri de ralliement Eia, Eia Alala !) en même temps qu'un certain romantisme utilisé par le futur régime. Dans ce sens, d'Annunzio est un précurseur du fascisme. [modifier] Les conflits sociaux d'après-guerreEn 1920, l'agitation sociale monte d'un cran : les ouvriers occupent les usines et forment des conseils ouvriers afin de gérer par eux-mêmes les usines et la distribution. Le 21 janvier 1921, le parti communiste d'Italie est fondé. Mais les organisations ouvrières et les syndicats sont attaqués par des « cogneurs » payés par certains patrons, et le pouvoir en place reste complaisant face à cette milice qui combat des "organisations subversives". Les fascistes (squadristes), après s'être ligués sous la direction de Mussolini forment eux aussi un parti, le parti national fasciste, en novembre 1921. Le mouvement ouvrier italien sera décapité en 1922 malgré la résistance du mouvement des Arditi del Popolo telle qu'à Parme, les partis socialiste et communiste n'ayant pas pris la direction des mouvements insurrectionnels. L'équipement fasciste comporte une chemise noire (issue de la tenue des troupes de choc de l'armée italienne créées en 1917 : les Arditi), divers types de matraques, dont un gourdin appelé manganello, et un purgatif puissant, l'huile de ricin, qu'ils font avaler de force à certains de leurs adversaires. Bientôt, les fascistes tiennent le haut du pavé et Mussolini les groupe en un parti, avec une idéologie musclée, qui profite de l'échec de la gauche et de la peur de la droite. [modifier] Le régime fasciste italien : politique et sociétéEn 1922, le parti national fasciste a 35 députés au Parlement, et plus de 700 000 membres. Après avoir chassé les organisations de gauche des villes du nord de la péninsule, les milices fascistes menacent de lancer une marche sur Rome. À peine celle-ci débute-t-elle que le roi Victor-Emmanuel III nomme Mussolini président du conseil. Mussolini respecte d'abord le jeu démocratique, en étant à la tête d'une large coalition allant jusqu'au centre droit. Mais en mai 1924, le chef de file du parti socialiste italien Giacomo Matteotti, par ailleurs député, dénonce les élections législatives, remportées avec succès par le parti fasciste en partie à la suite d'une modification des modalités de scrutin, et réclame leur annulation : il est assassiné le 10 juin, assassinat qui sera revendiqué par Mussolini dans un discours devant le Parlement le 3 janvier 1925. Pour couper court à toute agitation, Mussolini instaure un régime d'exception : les lois fascistissimes (1926) ; les autres partis politiques sont interdits, leurs députés sont déchus, la presse est censurée, une police secrète, l'OVRA (organisation de vigilance et répression de l'antifascisme), est instaurée ainsi qu'un fichier de suspects politiques et un « Tribunal spécial ». Vers 1929, la dictature du parti fasciste imbibe toute la société (seule la vie culturelle reste relativement libre, à condition de ne pas critiquer le régime). Des milliers de démocrates s'exilent pour échapper à la prison ou à la déportation sur des îles. Le pape Pie XI signe les accords du Latran avec l'État fasciste italien qui lui concèdera l'existence de l'État du Vatican. Mussolini résume le fascisme en décembre 1925 par la formule : « Tout dans l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État ». L'idéologie fasciste est fondée sur :
[modifier] Le régime fasciste italien : économieLes fascistes définissent leur conception économique comme une « troisième voie » entre capitalisme et marxisme. Leur politique se traduit par une extension considérable du contrôle gouvernemental de l'économie sans toutefois d'expropriation massive de la propriété des moyens de production. Le gouvernement nationalise les industries clés, contrôle les changes et fait investir massivement l'État. Ils essaient entre autres de créer des corporations puissantes qui regroupent plusieurs entreprises d'un même secteur , le tout supervisé par l'état. Les fascistes instituent le contrôle des prix, le contrôle des salaires et autres mesures de planisme économique, ils instituent une affectation des ressources dominée par la régulation étatique, spécialement dans les secteurs financiers et des matières premières. L'économie est mise au service de l'État[6]. Le refus du capitalisme et du marxisme se traduit par une politique économique d'abord fluctuante. [modifier] Le programme fasciste révolutionnaire de 1919Les faisceaux de combat apparaissent en réaction aux troubles sociaux, notamment ceux de Milan. Le programme révolutionnaire du mouvement en 1919 est d'inspiration nationaliste et socialiste dans un mélange particulièrement progressiste et confus. Il réclame :
La défaite aux élections de 1919 amène les groupements les plus à gauche à se retirer des fascios. Avec l'évolution du mouvement, nombre des idées du programme seront rejetées. Dans un climat social difficile (grèves et agitations) qui fait craindre à la démocratie libérale un soulèvement social révolutionnaire comme en Russie (Révolution d'Octobre), en Allemagne (Révolution allemande), et d'autres pays dans lequel des troubles révolutionnaires existent, Mussolini annonce en 1921, avant son accession au pouvoir, son soutien au libéralisme et au capitalisme :
Rocca et Corsini établiront, par la suite, un programme pour le PNF favorable au libéralisme économique « manchestérien ». [modifier] La phase libérale de la politique de Mussolini (1921-1925)Arrivé au pouvoir, allié à une vaste coalition, le gouvernement de Mussolini, sous l'impulsion du libéral Alberto De Stefani, qui succède aux libéraux, poursuit la politique économique libérale du précédent gouvernement :
Le tournant s'opère dans la deuxième moitié des années 1920 : Alberto De Stefani démissionne en 1925[8], promulgation des lois fascistissimes en 1926, vote des lois sur le corporatisme en 1927, et en 1929 crise économique mondiale[9]. [modifier] Le corporatisme fasciste, mis en place à partir de 1925Les fascistes monopolisent petit à petit le pouvoir. Après l'assassinat de Giacomo Matteotti le 10 juin 1924, ils établissent une dictature, les lois fascistissimes sont promulguées en 1926 et Mussolini donne au fascisme la célèbre formule : « Tout dans l'État, rien hors de l'État et rien contre l'État » ; il désavoue et attaque (dans le sillage de la confidustria[réf. nécessaire]), suite à une crise économique, le libéralisme économique. Il exprimera l'idée qu'il en a dans La Doctrine du fascisme en 1935 :
Mussolini mène alors une politique dirigiste : grands travaux, protectionnisme, stimulation de la consommation, constitution de monopoles, encadrement et restriction des droits des ouvriers, bataille du blé. Le corporatisme est institué : un système de guildes qui encadre les relations patrons/ouvriers et salariés afin qu'ils planifient l'économie dans l'intérêt général. Le 2 octobre 1925, il Pacte (du palais) Vidoni, signé entre la Confindustria et les représentants du régime fasciste abolit les unions catholiques, socialistes dont la CGIL ou indépendants les remplaçant par ceux contrôlés par le fascisme [10]. La Confindustria et la Confédération des Corporations fascistes se proclament représentants exclusifs des industriels et le monopole syndical fasciste est approuvé, un tel pacte comprend deux autres demandes, le règlementation du droit de grève qui sera supprimé le 3 avril 1926 et l'auto-fascisation de la Confindustria[11]. Le régime reçoit son appui des grands industriels, des petits capitalistes, des classes moyennes, des petits fonctionnaires, mais aussi des paysans et des ouvriers les plus pauvres (lumpenprolétariat dans la théorie marxiste). Dans les années 1930, l'Italie récupère de la Grande Dépression et connaît une croissance économique. Mais elle est contrariée par les sanctions internationales suivant l'invasion de l'Éthiopie en octobre 1935, par le support militaire coûteux aux nationalistes espagnols et in fine par l'échec de la politique d'autarcie. [modifier] La république de Salò (1943-1945)À côté d'une politique totalitaire sanglante et antisémite sous la direction allemande, la République sociale italienne (RSI), ou « République de Salò », tente de mettre en œuvre une politique socialiste. Choix d'autant plus aisé que les élites économiques et culturelles, par conviction ou par opportunisme, prennent de plus en plus leurs distances avec le fascisme. [modifier] Expansion en Europe pendant l'entre-deux-guerresLe fascisme italien va susciter des imitateurs dans plusieurs pays à travers le monde des années 1930 et 1940 : fascisme en France (divers mouvements : Solidarité française, Mouvement franciste, Parti populaire français, Rassemblement national populaire, LVF, etc.), en Belgique (le rexisme, incarné par Léon Degrelle), en Autriche (austrofascisme), en Espagne (la Phalange espagnole), au Portugal (les chemises vertes), en Roumanie (Garde de fer), etc. [modifier] Le néo-fascisme après 1945Après la défaite, une partie des anciens fascistes se sont organisés en opposition légale dans le Mouvement social italien, qui se référait explicitement à la mémoire de Mussolini. Ce parti a obtenu des scores électoraux appréciables (sans atteindre la majorité) surtout dans les régions pauvres du Sud. Toléré par les gouvernements démocrates-chrétiens, qui y voyaient un dérivatif au communisme, il a cependant toujours été exclu des combinaisons gouvernementales. Dans sa nouvelle formule, l'Alliance nationale de Gianfranco Fini, le parti a abjuré ses anciens principes totalitaires et a pu participer aux gouvernements de Silvio Berlusconi. Il compte encore des nostalgiques du Duce, comme sa petite-fille Alessandra Mussolini. [modifier] Un "principe universel"
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le fascisme n'est pas un système politique détruit ou une époque du passé, mais une pratique sociale et politique. Des aspects de cette pratique sont enracinés profondément dans les sociétés humaines, ce qui fait que le fascisme peut facilement réapparaître sur la scène politique, en partie ou même en entier. L'auteur allemand Christop Spher a cité les cinq caractéristiques principales de l'attitude fasciste dans un ouvrage récent. Ces caractéristiques ressemblent parfois de façon inquiétante à des mouvements et des pratiques politiques d'aujourd'hui, même dans le monde occidental. -L'excès de violence et la brutalité des moyens. Cela concerne aussi bien la terreur envers sa propre population que la guerre extérieure. -La ségrégation. Elle peut être motivée par le racisme, la haine envers une certaine classe sociale ou une communauté religieuse, mais aussi par une opposition à un certain courant politique ou une certaine nation. Ceux qui sont victimes de la ségrégation sont traités comme des personnes de seconde classe. Les lois qui s'appliquent à eux sont souvent différentes à ceux de la majorité dominante. La violence envers cette minorité peut être physique, mais il y a aussi des formes plus subtiles, telles que la violence "bureaucratique", créant des conditions de vie insupportables. Cette violence est menée directement par l'État ou seulement encouragée par celui-ci. Dans le monde occidental, par exemple, il paraît souvent qu'on a tendance à traiter les immigrés comme des citoyens de second degré, même si cela n'est pas forcement institutionnalisé. -On croit en un ou plusieurs leaders suprêmes. Cet individu ou ce parti ne négocie jamais, il commande. Il ne supporte aucune opposition. Ses décisions ne sont jamais remises en question. Même un membre du parti peut être éliminé dès qu'il paraît comme un opposant potentiel. -Un contrôle absolu sur les médias. Toute critique adressée à la classe dirigeante est censurée ou discréditée. Même s’il y a une certaine « liberté » de presse, la classe dirigeante est capable de manipuler les médias d'une manière à garder le contrôle sur l'opinion publique : l'opposition existe, et elle peut même s'exprimer, mais personne ne l'écoute parce que la propagande des puissants est plus répandue et faite de manière plus professionnelle. -L'extermination systématique. C'est la destruction planifiée et organisée d'une population définie. Cette population peut être celle d'un autre pays, mais aussi une minorité à l'intérieur de son propre pays. En général, on emploie le terme de génocide, mais cette notion est trop restreinte. Si par exemple on fait exécuter systématiquement tous les militaires d'un pays, ou bien tous les individus appartenant à une certaine classe sociale, on ne commet pas de génocide. Mais c'est sans aucun doute une attitude fasciste. Dans ce sens, même la Révolution Française ressemble partiellement à une époque fasciste. Le fascisme ne se situe pas dans une certaine époque ou dans une certaine région du monde, mais il s'agit en réalité d'un "principe" universel. Toute politique et toute société humaine est susceptible d'adopter une attitude fasciste. Ce ne sont donc pas l'apparence et l'idéologie, mais l'action concrète qui permet de dire si un pays ou un courant est fasciste. [modifier] Notes et références
[modifier] Voir aussi[modifier] BibliographieItalie
France
Généralités
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes[modifier] Approche globale
[modifier] Fascisme italien
[modifier] Articles spécialisés
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