Boîte à outils |
AmerikaAmerika est une chanson réalisée par le groupe de metal industriel allemand Rammstein, et qui est la sixième chanson de l'album Reise, Reise et qui est le deuxième single issu de l'album.
[modifier] La chansonCette chanson parle de l'impérialisme américain à travers les cultures. Il est fait référence à de nombreux symboles : Coca Cola, Wonderbra, Mickey Mouse, Santa Claus, la Maison Blanche et aussi à la guerre ("sometimes war"), on peut penser notamment à la seconde guerre en Irak. [modifier] Analyse des paroles[modifier] Images utiliséesLe texte utilise une métaphore particulière qui est celle de danseurs qui se font mener par une musique et qui doivent la suivre impérativement. On peut aussi imaginer l'image d'un pantin qui est dominé par la seule volonté du marionnettiste. Le chanteur se place du côté américain en utilisant la première personne : "wir" (nous), "ich" (je). Il matérialise ainsi une certaine vision que l'on se fait des États-Unis et de leur hégémonie. Il marque sa volonté de contrôler les danseurs, donc métaphoriquement de contrôler le monde :
Le texte évoque deux catégories de danse : une danse à plusieurs où le chanteur serait le guide et une danse où chacun serait libre. Dans les deux cas, il cherche à dominer les danseurs. La danse à plusieurs semble désigner l'hégémonie des États-Unis dans les organisations mondiales. La danse en solo désigne la domination quotidienne des États-Unis, plus implicite, qui se fait par l'exportation de sa culture, de ses moeurs. Le singulier "la manière juste" renvoie à l'unilatéralisation de la diplomatie. C'est une critique d'une certaine intolérance vis à vis des idées des autres pays et d'un certain entêtement. Seule leur vision du monde doit être plébiscitée.
Cette partie du couplet critique encore une fois l'image de l'autorité américaine toute-puissante, qui est considérée ici comme une nécessité. L'alternative n'existe pas ou n'est qu'un simulacre : "celui qui ne veut pas danser" finit toujours par rentrer dans le rang. Il n'y a ici qu'une seule "direction". [modifier] CritiquesLes critiques portent sur plusieurs aspects de cette hégémonie :
Ici, les violons désignent métaphoriquement tous les peuples. Le modèle américain leur apporterait à tous la liberté. Rammstein utilise l'ironie. Ils décrivent une société américaine idyllique dans lequel tout le monde serait heureux de vivre. Il dénonce en fait les travers de la société américaine et pose implicitement ici la question de la véracité d'une telle affirmation.
"This is not a love song, I don't sing my mother tongue" (Ce n'est pas une chanson d'amour, je ne chante pas dans ma langue maternelle) Le groupe défend l'idée que pour qu'un groupe de musique devrait réussir à s'exporter sans avoir besoin de chanter en anglais. Dans plusieurs interviews, le groupe évoque leur nécessité de chanter en allemand et défende cette idée en citant notamment "l'exception française"[1]}. Ils font référence également aux difficultés de leurs débuts. En effet, imposer leur style et leur langue avait été difficile et cela avait causé de nombreuses polémiques (notamment sur le nazisme)[2].
"sometimes war" : "quelquefois la guerre" : L'album a été composé en 2003 et sort en 2004 juste après la fin de l'invasion de l'Irak. Cet extrait est placé à la fin du morceau comme variante du refrain. La chanson est une sorte de crescendo dans la critique qui se conclut par cette sentence courte mais très incisive. "Musik kommt aus dem Weissen Haus" : "La musique vient de la Maison Blanche". Les paroles évoquent clairement la puissance diplomatique des États-Unis en désignant le cœur de son expression. "La musique" fait référence au lexique de domination et d'aliénation utilisé dans les deux premiers couplets. Rammstein fait également référence au fait que même des organisations puissantes comme l'ONU ne peuvent aller à l'encontre des décisions américaines. En effet, l'invasion de l'Irak s'est effectuée sans l'accord de l'organisation.
"Und vor Paris steht Mickey Maus" : Et Mickey Mouse est aux portes de Paris. Le texte fait référence à Disneyland Paris, marque de la puissance américaine. Cette image souligne implicitement l'antinomie entre la position de la France sur le conflit irakien et la présence de ce parc d'attraction devant la capitale. "Nach Afrika kommt Santa Claus" : "le Père Noël vient en Afrique". Le groupe souligne l'exportation de la tradition du père Noël en Afrique [3]qui ne fait initialement pas partie de la culture africaine. C'est un appel au multiculturalisme. [modifier] ClipRéférences à la conquête de l'espace Le clip montre le groupe en habit d'astronautes d'Apollo 11 jouant sur la lune. On peut voir inscrit sur leurs costumes d'astronautes ainsi que sur leurs instruments les sigles "NASA" et "Apollo 11" ainsi que le Stars and Stripes. On distingue également le nom "Armstrong" sur la combinaison spatiale de Till Lindemann, en référence à Neil Armstrong. On voit également une trace de chaussure sur le sol lunaire, en référence à une photo célèbre d'un des tout premiers pas sur la Lune. [4]. "Doom" et "Flake" montent un drapeau américain d'après une notice en mesurant précisément la taille du drapeau afin de se faire prendre en photo avec celui-ci en position de salut militaire. Ils font référence à une autre photo célèbre du programme Apollo.[5] Toujours dans l'imagerie du voyage dans l'espace, le groupe joue sur la lune avec un flipper qui porte l'inscription "Star Trek. Finalement à la toute fin, on s'aperçoit que le groupe joue sur une fausse lune qui est en réalité un studio, renvoyant aux accusations de canular du programme Apollo. Sur la version entière du clip, après la chanson, on découvre la photographie du groupe avec la Terre en toile de fond, posée sur le sol lunaire. On peut alors entendre une partie de la conversation entre le base de la NASA et un pilote de la mission Apollo 13 et la sentence célèbre : "Houston, we have a problem". Le tout est entrecoupé de scènes montrant des personnes de différentes cultures regardant l'évènement à la télévision, tout en effectuant leurs tâches quotidiennes, stéréotypées sur le mode de vie américain. L'écran de télévision sert en quelque sorte de moyen de transport qui relie les quatre coins du globe. On peut voir défiler notamment des africains mangeant des pizzas "Hollywood", des inuits, des asiatiques avec des hamburgers, un Japonais coiffé avec une banane sur une Harley-Davidson, un Indien fumant des Lucky Strike, un musulman retirant ses Nike pour prier, tourné vers un puits de pétrole. Santa Claus est également représenté avec des jeunes africains à ses genoux : la couleur rouge contraste violemment avec l'environnement africain qui est utilisé en toile de fond. À la fin du clip, le refrain, chanté en anglais, est repris par l'ensemble des populations citées ci-dessus. [modifier] CritiquesLe clip contient une critique supplémentaire, non présente explicitement dans les paroles. A la fin, on voit Richard adresser un clin d'œil pendant qu'il se fait maquiller. Le groupe critique la vision d'une Amérique portée sur l'artificiel et sur l'apparence. On peut également le voir lorsque "Flake" et "Doom" montent le drapeau américain, tout doit être mesuré au millimètre près pour le seul but de l'esthétique. On retrouve ce soucis de dénoncer ce penchant lorsqu'il se font prendre en photo avec la Terre comme arrière-plan. Tout le monde sourit avec des gestes de victoire comme cela était prévu : tout est calibré. [modifier] Liens et documents externesLe clip d'Amerika :
[modifier] Ce que dit le groupeRéactions du groupe :
[modifier] Références
|